mercredi 28 septembre 2011

Le sens de la prière "Kyrie eleison"


"Le mot français miséricorde est la traduction du mot grec eleos. Ce mot a la même racine ultime que l'ancien mot grec pour huile, ou plus précisément, l'huile d'olive, une substance qui était largement utilisée comme agent apaisant pour des contusions et des blessures mineures. L'huile était versée sur la meurtrissure et servait à masser doucement, apaisant et adoucissant ainsi toute la partie lésée. Le mot hébreu qui est aussi traduit par eleos et miséricorde est hesed, il signifie un amour indéfectible. Les mots grecs pour «Seigneur, aie pitié» ou «Seigneur, miséricorde » sont «Kyrie eleison» c'est-à-dire: «Seigneur, calme-moi, réconforte-moi, chasse ma douleur, montre-moi ton amour.» Ainsi la miséricorde ne se réfère pas tant à la justice ou à l'acquittement comme c’est le cas dans une interprétation [pénitentielle] très occidentale, mais à l'infinie bonté de Dieu, et à sa compassion pour la souffrance de ses enfants! C'est dans ce sens que nous disons cette prière « Seigneur, aie pitié », « Seigneur, miséricorde » avec une grande fréquence tout au long de la Divine Liturgie. "  Père Anthony M. Coniaris (Version française par Maxime le minime) 

vendredi 23 septembre 2011

La prière de la grand-mère de l'écrivain Maxime Gorki


"Mais parfois, elle prie très longtemps. Je m'endors pour de bon et je ne l’entends pas se coucher.
Les journées de peines, de disputes et de querelles se terminent toujours par de longues prières. Je les écoute de toutes mes oreilles. Grand-mère raconte à Dieu tout ce qui s'est passé dans la maison. Quand elle est agenouillée, énorme et lourde, elle ressemble à une montagne. D'abord, j'entends un murmure rapide et indistinct, puis sa voix profonde s'élève:
- Tu le sais bien, Seigneur, chacun pense à son avantage. Mikhaïl est l'aîné, c'est lui qui devrait rester en ville. Ça le vexe de partir de l'autre côté du fleuve dans un quartier inconnu : on ne sait pas comment les affaires y marcheront. Le père, lui, il préfère lakov. Est-ce bien de ne pas aimer également ses enfants? ... Le vieux est têtu, tu devrais lui faire entendre raison, Seigneur !
Regardant les icônes sombres de ses grands yeux lumineux, elle suggère à son Dieu :
- Envoie-lui donc un bon rêve, Seigneur, pour qu'il comprenne comment il faut faire le partage entre les enfants!
Elle se signe et se prosterne jusqu'à terre, heurtant le plancher de son grand front. Puis elle se redresse et continue d'un ton persuasif :
- Accorde un peu de joie à Varvara. Est-ce qu'elle t'a offensé, est-ce qu'elle est plus coupable que les autres ? C'est une femme jeune, pleine de santé et elle ne connaît que la tristesse. Pense aussi, Seigneur, à Grigori. Sa vue baisse de plus en plus; s'il devient aveugle, il ira mendier, ce n'est pas bien! Il a usé toutes ses forces pour le grand-père et il ne peut même pas compter sur son aide
maintenant. Ah! Seigneur, Seigneur !...
Elle reste longtemps silencieuse, la tête baissée humblement et les bras pendants, comme si elle était profondément endormie ou raidie par le froid.
- Quoi encore ? se demande-t-elle tout haut en fronçant les sourcils. Prends en pitié et sauve tous les orthodoxes.Pardonne à la maudite sotte que je suis. Tu le sais, Ce n'est pas par méchanceté que je pèche, mais par bêtise.
Après un profond soupir, elle reprend d'une voix caressante et satisfaite :
- Tu sais tout, mon Dieu, tu connais tout, Père.
Le Dieu de grand-mère, qui lui était si proche, me plaisait beaucoup et je demandais souvent:
- Parle-moi de Dieu!
Alors elle se soulevait, s'asseyait, jetait un fichu sur sa tête et se lançait dans un long récit jusqu'à ce que je m'endorme. Elle avait une façon particulière de parler de Dieu, à voix basse, en traînant sur les mots.
- Le Seigneur est au paradis, assis sur une colline, au milieu d'une prairie; des tilleuls d'argent abritent son trône de saphir et ces tilleuls sont en fleurs toute l'année, car le paradis ne connaît ni l'automne, ni l'hiver; les fleurs n'y fanent jamais, elles fleurissent sans trêve pour la joie des saints. Autour du Seigneur vole une multitude d'anges. Ils ressemblent à des flocons de neige ou à des essaims d'abeilles. Ils descendent du ciel sur la terre comme des pigeons blancs et ils remontent ensuite raconter à Dieu ce qui se passe chez les hommes: Là-bas, il y a ton ange et le mien et celui du grand-père. Le Seigneur est juste, il a donné un ange à chacun. Le tien raconte au Seigneur:
« Alexis a tiré la langue à son grand-père. » Et le Seigneur décide: «Eh bien, que le vieux le fouette! » Et c'est la même chose pour tous. Dieu donne à chacun selon ses mérites, à l'un le chagrin, à l'autre la joie. Il fait si bon là-haut que les anges se réjouissent, battent des ailes et chantent sans trêve: «Gloire à Toi, Seigneur, gloire à toi ! » Et lui, le Bon Dieu, il se contente de sourire comme pour dire: «C'est bien, c'est bien! »
Elle-même souriait en secouant la tête.
- Tu as vu tout ça ?
- Non, mais je le sais, répondait-elle, pensive.
Quand elle parlait de Dieu, du paradis et des anges, grand-mère semblait devenir petite et douce. Son visage rajeunissait, ses yeux embués de larmes rayonnaient d'une douce lumière. Je prenais ses lourdes nattes soyeuses et je les enroulais autour de mon cou. Immobile, j'écoutais avec attentiou ses récits. sans jamais m'en lasser.
- Il n'est pas donné aux hommes de voir Dieu, ils en perdraient la vue. Seuls, les saints peuvent le contempler. Mais j'ai vu des anges. Ils se montrent à ceux qui ont l'âme pure. Une fois, j'étais dans l'église, à la messe du matin. Il y en avait deux derrière l'iconostase. On aurait dit des nuages, on voyait tout au travers d'eux; Ils étaient lumineux, lumineux, avec des ailes en dentelles et en mousseline qui tombaient jusqu'à terre. Ils tournaient autour de l'autel et ils aidaient le vieux père lIya qui n'y voyait plus. Quand il levait ses bras fatigués pour prier, ils lui soutenaient les coudes. Il est mort peu de temps après. Moi, ce jour-là, quand je les ai vus, j'ai été paralysée par la joie; mon cœur s'est mis à me faire mal et j'ai pleuré. Oh ! c'était beau, Alexis, petite âme bleue. Tout est bien sur terre et dans le ciel, tout est si bien ...
- Et chez nous aussi, c'est bien ?
Grand-mère se signa
- Gloire à la Très Sainte Mère de Dieu, tout est bien!
Cette réponse me déconcertait. Il était difficile d'admettre que tout allait bien à la maison. Il me semblait que la vie y était de plus en plus insupportable."
(Extrait du livre de Maxime Gorki "Enfance" Ed. français réunis)

Maxime Горький, "l'Amer", de son vrai nom Алексей Максимович Пешков, fut un immense écrivain, à la fois hautement honoré par le régime soviétique et constamment surveillé pour ce qui demeurait en lui – malgré ses compromissions et son regrettable soutien de l'impitoyable tyrannie communiste – de capacité à toujours se révolter. On peut de ce fait penser qu'il fut probablement assassiné par les communistes. Il a écrit de très belles pages sur la foi orthodoxe qu'il avait perdue assez tôt certainement.. 

Staline et Gorki
Tolstoï et Gorki


samedi 17 septembre 2011

NOUVEAUTÉS !


  1. La DIVINE LITURGIE célébrée par l'Ancien PORPHYRIOS (vidéo col. de g.)
  2. LES PSAUMES (pas tous mais beaucoup) chantés en roumain et en grec sur le site CHANTS SACRES ORTHODOXES 
  3. Les PRIÈRES du MATIN et du SOIR récitées en slavon avec texte défilant pour suivre à l'audition.

samedi 27 août 2011

La "Phase active" de la prière par Père Placide Deseille

« Dans cette phase, nous devons faire un effort conscient et souvent ardu pour prier. Selon la Tradition orthodoxe - et c'est là un point où elle diverge de la tradition catholique romaine telle que celle-ci s'est développée surtout depuis la fin du Moyen Âge et le XVIe siècle - cette phase active de la vie de prière est caractérisée non par ce qu'on appelle en Occident l'oraison discursive ou « méditation », mais par la prière vocale. La forme normale de prière, tant que celle-ci ne jaillit pas spontanément du cœur sous la motion intime du Saint-Esprit, sera la prière vocale, mais attentive. Ceci est extrêmement important: selon une expression sans cesse reprise par les auteurs orthodoxes, et qui remonte à saint Jean Climaque : « Il faut enfermer l'intellect dans les mots. » Dans un ouvrage sur le monachisme russe, le père Victor Arminjon résume ainsi l'enseignement d'un grand spirituel russe du XIXe siècle, le saint évêque Ignace Briantchaninov : « Il se montre tout à fait sceptique à l'égard d'une soi-disant prière personnelle qui trouverait son aliment dans l'imagination, l'amour-propre mal camouflé, la sensibilité insuffisamment contrôlée. Au moine rentré dans sa cellule, après avoir exercé consciemment sa fonction de prière publique et officielle [offices chantés et récités au chœur pendant de longues heures, sans interruption], il propose un autre office de prières individuelles, à réciter tout seul. Il insiste pour qu'on y soit fidèle. Il affirme que la répétition de prières traditionnelles, élaborées par des maîtres avertis, nourris et abreuvés aux meilleures sources scripturaires et patristiques - les meilleures sources étant les Pères de l'Église et l'Écriture sainte - a bien plus d'importance et de valeur que tout ce que l'on pourrait inventer de soi-même. Ces prières "de règle" en même temps que "privées", bien rodées par les moines au cours des siècles, offrent une richesse d'expression et un rythme poétique « qui n'interdisent pas un légitime agrément pour celui qui les récite ». Cette "règle de prière" est donnée au moine par son père spirituel, qui l'adapte en fonction de l'état spirituel et des besoins de chacun.»
Geronda Placide Deseille
 (in Propos d'un moine orthodoxe Le Thielleux 2010)

jeudi 7 juillet 2011

PRIÈRE DE JÉSUS



(Arabe) ربي يسوع المسيح،يا ابن الله،ارحمنا نحن الخطأة
(Chinois) 主耶稣基督,上帝的儿子,可怜我这个罪人
(Hollandais) Heer, Jezus Christus, Zoon van God, ontferm U over mij zondaar
(Français) Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur.
(Grec) Κύριε Ιησού Χριστέ, Υιέ του Θεού, ελέησόν με τον αμαρτωλόν.
(Hebreu) אלוהים, ישו, בן האלוהים, ירחם אותי חוטא
(Hindi) प्रभु यीशु मसीह, परमेश्वर के सन्तान, मुझ पर दया कर एक पापी
(Italien) Signore, Gesù Cristo, Figlio di Dio, abbi pietà di me peccatore
(Japonais) 主は、イエスキリストは、神の御子、罪人わたしをあわれんでください
(Coréen) 주님, 예수 그리스도, 하느님의 아들, 죄인 내게 자비를 베푸소서
(Latin) Domine Iesu Christe, Fili Dei, miserere mei, peccatoris.
(Persian) خداوند، عیسی مسیح، پسر خدا، بر من رحمت عطا گناهکار
(Roumain) Doamne Iisuse Hristoase, Fiul lui Dumnezeu, miluieşte-mă pe mine păcătosul
(Russe) Господи Исусе Христе, Сыне Божий, помилуй мя грешнаго.
(Ukrainien) Господи, Ісусе Христе, Сине Божий, помилуй мене грішного.
(Espagnol) Señor, Jesucristo, Hijo de Dios, ten piedad de mí, pecador
(Thai) พระเจ้าของพระเยซูคริสต์พระบุตรของพระเจ้ามีเมตตาฉันคนบาป
(Vietnamien) Lạy Chúa, Chúa Giêsu Kitô, Con Thiên Chúa, xin thương xót con là kẻ có tội
(Gallois) Arglwydd, Iesu Grist, Mab Duw, trugarhau y bechadur hwn(m) hon