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samedi 9 août 2014

Utilisation du Komboskini par Père Païssios

Geronda que signifie le komboskini [κομποσκοίνι] ? 

- Le komboskini est un héritage, une bénédiction, qui nous a été légué par les Saints Pères. Et rien que pour cela, il a une grande valeur. Vous voyez, quand le grand-père de quelqu'un lui laisse en héritage un objet même insignifiant, il le conserve comme si c’était un talisman, alors combien plus devons-nous conserver le komboskini en héritage des Saints Pères.

Dans les temps anciens, quand il n'y avait pas d'horloges, les moines comptaient le temps de la prière avec le komboskini, mais les nœuds du komboskini étaient simples. Un jour, un ascète menant de grands combats spirituels, faisait de nombreuses prosternations, etc. et le diable est venu et a brisé les nœuds de son komboskini. Le pauvre homme a alors fait prosternations sur prosternations, parce qu'il ne pouvait pas les compter pour poursuivre sa lutte, le diable ayant cassé le komboskini. C’est alors qu’un ange du Seigneur lui est apparu et lui a appris à faire les noeuds de sorte que chaque nœud soit constitué de neuf croix. À la suite de quoi le diable, qui tremble devant la croix, ne pouvait plus les briser. Ainsi, les nœuds de la corde de prière ont neuf croix, qui symbolisent les neuf rangs des Anges. 

- Geronda, il y a des komboskini de 33, 50, 100 et 300 nœuds, quelle signification a le nombre de nœuds ? 

-Seul le nombre 33 est symbolique, car il symbolise les 33 années que le Christ a vécues sur la terre. Les autres chiffres permettent tout simplement de compter les prosternations que nous faisons ou combien de fois nous disons la prière.

Certaines machines ont une corde avec une poignée pour faire démarrer le moteur, il faut tirer sur la corde fermement, plusieurs fois souvent de suite jusqu'à ce qu’il démarre. De même on pourrait dire que le komboskini est la corde que nous tirons une, deux, cinq, dix fois pour faire démarrer notre machine spirituelle et faire tourner le moteur de notre prière en l’alimentant avec du carburant spirituel jusqu’à parvenir à la prière incessante, qui plus tard, fonctionnera d’elle-même. Toutefois, lorsque nous aurons atteint le stade de la prière du cœur nous ne devrions pas abandonner le komboskini afin que d'autres qui n’y sont pas encore parvenus ne le délaissent pas également, trop tôt.

- Geronda, Quand je prends mon komboskini et que je récite la prière de façon mécanique, n’y a-t-il pas là un danger de vaine gloire [ανθρωπαρέσκειας] ?

- Si Vous utilisez le komboskini de façon tout extérieure, ce sera de la vaine gloire, et même si vos mains égrènent le chapelet, cela ne vous sera d’aucun profit. Cela ne vous apportera que de la fatigue, et l'illusion que vous êtes censé pratiquer la prière noétique.

- Geronda, Je ne suis pas habitué à porter un komboskini.

- Vous devriez en porter un de sorte que vous ne puissiez pas oublier la prière, qui doit travailler en interne dans le cœur. Quand bien sûr, vous quittez votre cellule, vous devriez vous rappeler que l'ennemi est prêt à vous combattre. Ainsi, imitez le bon soldat, qui sort de sa caserne toujours avec son arme automatique "à la main". Le komboskini a un grand pouvoir, c’est l'arme du moine, et ses nœuds sont des balles, qui tirées aux pieds des démons, font danser leurs sandales.
(in "Sur la prière",  VII  version française de la source par Maxime le minime ) 


Par les prières de nos saints Pères, Seigneur Jésus Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous! Amen!

lundi 30 juin 2014

SUR LA PRIÈRE (9) par St JEAN CHRYSOSTOME : Vous priver de la prière, ce serait retirer le poisson de l’eau


Il est impossible à l'homme de jouir de la familiarité divine en dehors de 1’action de l’Esprit : sa présence et son intervention dans les saints combats est nécessaire pour que nous les abordions, que nous fléchissions le genou, et que nous nous mettions à implorer et à prier. Comme s'entretenir avec Dieu est une chose au-dessus de l'homme, il faut que la grâce de l’Esprit vienne nous fortifier, nous affermir, et nous faire comprendre cet honneur incomparable. Aussi, lorsque vous saurez que vous vous entretenez avec Dieu et que l’Esprit agit en votre âme au moment de la prière, vous ne permettrez pas au démon de se glisser par aucune voie dans cette âme que l'Esprit a sanctifiée. Si les gens qui s'entretiennent avec le prince et qui sont honorés de sa familiarité, ne daignent plus s'entretenir avec des mendiants et des misérables; celui qui s'est entretenu par la prière avec Dieu ne daignera plus accepter l'entretien de l'esprit de malice et d'impiété. C'est l'esclave des voluptés qui s'entretient véritablement avec les démons et qui reproduit leur démence; mais celui qui pratique la tempérance et la justice, vit dans la société des anges, et imite la grandeur de leurs sentiments. À mes yeux, celui qui appellerait la prière le nerf de l'âme exprimerait la vérité. Comme les nerfs donnent au corps l'unité, le mouvement, la rectitude, la vie, la consistance, de telle sorte que, si on les coupait, l'harmonie du corps serait entièrement brisée; ainsi les saintes prières donnent aux âmes leur consistance, leur harmonie, et leur permet de fournir aisément la course de la piété. Vous priver de la prière, ce serait retirer le poisson de l’eau ; car, si l’eau est nécessaire à la vie du poisson, la prière l’est à la vôtre. C'est par la prière que vous pourrez prendre votre essor, franchir les cieux et vous approcher de la Divinité. Ces considérations suffisent pour montrer la vertu d'une sainte prière : il sera bon toutefois d’ouvrir les divines Écritures et d'apprendre de la bouche du Christ les trésors que la prière procure à ceux qui veulent lui consacrer toute la vie :

Luc 18 [1] Et il leur disait une parabole sur ce qu’il leur fallait prier sans cesse et ne pas se décourager. [2] «Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et n’avait de considération pour personne. [3] Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait le trouver, en disant : Rends-moi justice contre mon adversaire ! [4] Il s’y refusa longtemps. Après quoi il se dit : ‘J’ai beau ne pas craindre Dieu et n’avoir de considération pour personne, [5] néanmoins, comme cette veuve m’importune, je vais lui rendre justice, pour qu’elle ne vienne pas sans fin me rompre la tête’.» [6] Et le Seigneur dit : «Écoutez ce que dit ce juge inique. [7] Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit, tandis qu’Il patiente à leur sujet ! [8] Je vous dis qu’Il leur fera prompte justice.