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jeudi 10 mai 2012

Le corps dans la prière, par l'Ancien Porphyrios

"Eh bien toi aussi, aime le labeur corporel et la fatigue. Ils font du bien au corps et à l'âme. Je désire que tu me ressembles, mon pauvre, car je t'aime. Je désire que tu deviennes pareil à moi. « Montrez-vous mes imitateurs, comme je le suis du Christ" » 

Est-ce que tu fais des métanies ? Combien en fais-tu ? Fais-en une, que je voie » (cela se passait à Milesi, dans sa petite cellule, un jour où, étant déjà moine, je m'y étais rendu). J'en fis une ou deux. Tu ne les fais pas bien » (étant aveugle, il ne voyait absolument rien, mais il parlait comme s'il voyait). Il appela un Frère en sonnant sa petite clochette. Montre au Frère, je t'en prie, comment je vous ai appris à faire des métanies et le canon*. » Et le Frère se mit à faire avec vigueur des métanies rapides et régulières. Tu vois, me dit Gérοnda, on appuie d'abord les mains sur le sol, et non pas les genoux. Le corps est comme suspendu. Cela demande de la force dans les bras. Ensuite, on fait le signe de croix, avec vigueur. Frappe le front, la poitrine, les. épaules ! Nous, ici, à la skite, lorsque nous faisons tous ensemble le canon à l'église, on entend le froufrou de nos rassa." 
Pater PORPHYRIOS
(in "La flamme divine " Ed. du Monastère de Solan et du Monastère St Antoine)


vendredi 23 septembre 2011

La prière de la grand-mère de l'écrivain Maxime Gorki


"Mais parfois, elle prie très longtemps. Je m'endors pour de bon et je ne l’entends pas se coucher.
Les journées de peines, de disputes et de querelles se terminent toujours par de longues prières. Je les écoute de toutes mes oreilles. Grand-mère raconte à Dieu tout ce qui s'est passé dans la maison. Quand elle est agenouillée, énorme et lourde, elle ressemble à une montagne. D'abord, j'entends un murmure rapide et indistinct, puis sa voix profonde s'élève:
- Tu le sais bien, Seigneur, chacun pense à son avantage. Mikhaïl est l'aîné, c'est lui qui devrait rester en ville. Ça le vexe de partir de l'autre côté du fleuve dans un quartier inconnu : on ne sait pas comment les affaires y marcheront. Le père, lui, il préfère lakov. Est-ce bien de ne pas aimer également ses enfants? ... Le vieux est têtu, tu devrais lui faire entendre raison, Seigneur !
Regardant les icônes sombres de ses grands yeux lumineux, elle suggère à son Dieu :
- Envoie-lui donc un bon rêve, Seigneur, pour qu'il comprenne comment il faut faire le partage entre les enfants!
Elle se signe et se prosterne jusqu'à terre, heurtant le plancher de son grand front. Puis elle se redresse et continue d'un ton persuasif :
- Accorde un peu de joie à Varvara. Est-ce qu'elle t'a offensé, est-ce qu'elle est plus coupable que les autres ? C'est une femme jeune, pleine de santé et elle ne connaît que la tristesse. Pense aussi, Seigneur, à Grigori. Sa vue baisse de plus en plus; s'il devient aveugle, il ira mendier, ce n'est pas bien! Il a usé toutes ses forces pour le grand-père et il ne peut même pas compter sur son aide
maintenant. Ah! Seigneur, Seigneur !...
Elle reste longtemps silencieuse, la tête baissée humblement et les bras pendants, comme si elle était profondément endormie ou raidie par le froid.
- Quoi encore ? se demande-t-elle tout haut en fronçant les sourcils. Prends en pitié et sauve tous les orthodoxes.Pardonne à la maudite sotte que je suis. Tu le sais, Ce n'est pas par méchanceté que je pèche, mais par bêtise.
Après un profond soupir, elle reprend d'une voix caressante et satisfaite :
- Tu sais tout, mon Dieu, tu connais tout, Père.
Le Dieu de grand-mère, qui lui était si proche, me plaisait beaucoup et je demandais souvent:
- Parle-moi de Dieu!
Alors elle se soulevait, s'asseyait, jetait un fichu sur sa tête et se lançait dans un long récit jusqu'à ce que je m'endorme. Elle avait une façon particulière de parler de Dieu, à voix basse, en traînant sur les mots.
- Le Seigneur est au paradis, assis sur une colline, au milieu d'une prairie; des tilleuls d'argent abritent son trône de saphir et ces tilleuls sont en fleurs toute l'année, car le paradis ne connaît ni l'automne, ni l'hiver; les fleurs n'y fanent jamais, elles fleurissent sans trêve pour la joie des saints. Autour du Seigneur vole une multitude d'anges. Ils ressemblent à des flocons de neige ou à des essaims d'abeilles. Ils descendent du ciel sur la terre comme des pigeons blancs et ils remontent ensuite raconter à Dieu ce qui se passe chez les hommes: Là-bas, il y a ton ange et le mien et celui du grand-père. Le Seigneur est juste, il a donné un ange à chacun. Le tien raconte au Seigneur:
« Alexis a tiré la langue à son grand-père. » Et le Seigneur décide: «Eh bien, que le vieux le fouette! » Et c'est la même chose pour tous. Dieu donne à chacun selon ses mérites, à l'un le chagrin, à l'autre la joie. Il fait si bon là-haut que les anges se réjouissent, battent des ailes et chantent sans trêve: «Gloire à Toi, Seigneur, gloire à toi ! » Et lui, le Bon Dieu, il se contente de sourire comme pour dire: «C'est bien, c'est bien! »
Elle-même souriait en secouant la tête.
- Tu as vu tout ça ?
- Non, mais je le sais, répondait-elle, pensive.
Quand elle parlait de Dieu, du paradis et des anges, grand-mère semblait devenir petite et douce. Son visage rajeunissait, ses yeux embués de larmes rayonnaient d'une douce lumière. Je prenais ses lourdes nattes soyeuses et je les enroulais autour de mon cou. Immobile, j'écoutais avec attentiou ses récits. sans jamais m'en lasser.
- Il n'est pas donné aux hommes de voir Dieu, ils en perdraient la vue. Seuls, les saints peuvent le contempler. Mais j'ai vu des anges. Ils se montrent à ceux qui ont l'âme pure. Une fois, j'étais dans l'église, à la messe du matin. Il y en avait deux derrière l'iconostase. On aurait dit des nuages, on voyait tout au travers d'eux; Ils étaient lumineux, lumineux, avec des ailes en dentelles et en mousseline qui tombaient jusqu'à terre. Ils tournaient autour de l'autel et ils aidaient le vieux père lIya qui n'y voyait plus. Quand il levait ses bras fatigués pour prier, ils lui soutenaient les coudes. Il est mort peu de temps après. Moi, ce jour-là, quand je les ai vus, j'ai été paralysée par la joie; mon cœur s'est mis à me faire mal et j'ai pleuré. Oh ! c'était beau, Alexis, petite âme bleue. Tout est bien sur terre et dans le ciel, tout est si bien ...
- Et chez nous aussi, c'est bien ?
Grand-mère se signa
- Gloire à la Très Sainte Mère de Dieu, tout est bien!
Cette réponse me déconcertait. Il était difficile d'admettre que tout allait bien à la maison. Il me semblait que la vie y était de plus en plus insupportable."
(Extrait du livre de Maxime Gorki "Enfance" Ed. français réunis)

Maxime Горький, "l'Amer", de son vrai nom Алексей Максимович Пешков, fut un immense écrivain, à la fois hautement honoré par le régime soviétique et constamment surveillé pour ce qui demeurait en lui – malgré ses compromissions et son regrettable soutien de l'impitoyable tyrannie communiste – de capacité à toujours se révolter. On peut de ce fait penser qu'il fut probablement assassiné par les communistes. Il a écrit de très belles pages sur la foi orthodoxe qu'il avait perdue assez tôt certainement.. 

Staline et Gorki
Tolstoï et Gorki


dimanche 8 mai 2011

Courtes prières, convictions simples et foi forte dans l'Orthodoxie


Notre prière orthodoxe,  dans nos offices comme dans notre prière privée, se nourrit des textes mêmes de la Bible, elle y puise ses mots, son inspiration, sa vie même, ceci à travers une tradition toujours maintenue et vivante. 
Le paradoxe de notre bien aimée Orthodoxie est d'avoir des offices longs et complexes dans leur composition, à la poétique et à la rhétorique sophistiquées et d'offrir en même temps des  prières simples avec une seule parole, comme Kyrie Eleïson ! Κύριε έλέησον , Господи помилуи, Seigneur Miséricorde !

Ce n'est pas pour autant que l'on puisse considérer nos prières monologiques comme des mantras car notre posture par rapport au divin n'est pas celle de la recherche d'une dissolution d'un moi illusoire, produit de notre mental ignorant, par la répétition d'une formule hypnotique. 

Notre posture se situe plutôt dans la tension que nous maintenons du sentiment de responsabilité personnelle par rapport au cosmos et au monde invisible  et donc de notre capacité de nuisance toujours possible  posture que nous maintenons le plus possible à chaque moment de notre vie jusqu'au moment de notre mort  tout en nous abandonnant à la miséricorde inépuisable d'un Dieu paternel qui aime tous ceux qui se repentent, dans la certitude de notre possibilité de salut, donc de libération et de réalisation de notre nature profonde, créés que nous avons été "à l'image et à la ressemblance". Là aussi il y a paradoxe puisqu'à la fois nous maintenons une tension en un certain lieu tout en nous abandonnant partout ailleurs, de même que nous n'oublions jamais que nous sommes pécheurs tout en ayant une foi ferme en notre salut.

Ainsi, dans la douleur sous-jacente de la conscience de notre péché toujours misérablement renouvelé, nous n'en sommes pas moins dans la joie du Royaume du Salut et de la Résurrection et tout pécheurs que nous sommes, nous savons que nous pouvons compter sur  l'intercession de pécheurs notables qui nous ont précédé avant d'entrer dans le Royaume :

- l'intercession, le soutien et l'exemple de Saint Thomas qui après avoir douté - et donc perdu la foi - a touché les plaies de notre Seigneur (le veinard !) pour s'exclamer enfin en retrouvant le Salut vivant : "Mon Seigneur et mon Dieu" phrase qui vaut à elle seule tous les offices !

- l'intercession du Bon Larron qui, avec une seule prière, au dernier instant, après une vie de colère, de révolte et de crime, avant de mourir crucifié comme son Seigneur a  crié vers son Seigneur : "Souviens-Toi, de moi, Seigneur, dans ton Royaume" a été sauvé...

- l'intercession de l'Apôtre Paul qui a dépensé tant d'énergie et mis tant de passion à essayer de "persécuter" le Corps du Christ avant d'y adhérer avec la même énergie, la même passion jusqu’à la mort, au point que la foi chrétienne ne serait pas ce qu'elle est sans lui.

- l'intercession des traîtres, des renégats comme Saint Pierre qui ont rejeté l'Agneau, l'innocentissime, le purissime Agneau, ont reçu le pardon prévu de tout éternité par le Tout miséricordieux.

- l'intercession de la pécheresse qui déposa toute sa sensualité aux pieds du Seigneur, en la détournant de sa destination initiale pour l'orienter avec tout son corps même, humblement    la partie la plus élevée de son corps vénérant la partie la plus basse de son Seigneur, pour lui consacrer toute son adoration. Pécheresse devenue notre modèle pour rendre avec toute la beauté et la noblesse dont nous, simples mortels imparfaits et éphémères, sommes capables,  un culte digne de ce nom à Notre Dieu.

- l'intercession de tous les pécheurs de l'Evangile, nos frères fortunés qui ont connu le Chemin, la Vérité et la Vie en personne.

Juste quelques convictions...

Seulement cela : même le plus grand des pécheurs est aimé de son Créateur miséricordieux, je l'ai expérimenté, je le sais c'est tout. Pas beaucoup plus à dire...


Une petite anecdote :

Un jour, alors que je sortais d'un cours de grec, à Pigalle (sic!), je suis allé boire un verre avec quelques autres élèves du cours parmi lesquels un dessinateur de dessins animés dont l'amie était grecque. Je lui ai dit que j'étais orthodoxe. Cette jeune femme était grecque, orthodoxe, et pleine de vie. Et elle m'a répondu avec un grand et beau sourire quelque chose du genre " Oh! De toute façon, nous Orthodoxes, nous savons que nous sommes sauvés !" A première vue on pourrait dire "Quelle vanité ! Quelle prétention ! Quel triomphalisme chez ces Orthodoxes !" Pas du tout ou alors Oui ! Cette jeune femme avait raison ! Oui, la vraie foi c'est celle-là, celle de cette jeune femme si vivante : je sais que je suis sauvé, je sais que je suis pécheur par pensée, par parole, par action jusqu'à ma mort, incurablement, mais je sais que l'Orthodoxie nourrit en moi la vraie foi, celle qui sauve, celle qui croit en l'Amour de Dieu pour le pécheur qui se repent.
Maxime le minime

vendredi 18 mars 2011

La prière est le test de tout...


«La prière est le test de tout, la prière est aussi la source de tout, la prière est la force motrice de tout, la prière est aussi la directrice de tout Si la prière est juste, tout est juste. Car la prière ne permet à rien d’aller de travers...»  Saint Théophane le Reclus


La définition de base la plus populaire de la prière, c'est sans doute que c'est une conversation avec Dieu. Bien que cela soit vrai pour l'essentiel, le christianisme orthodoxe regarde la prière comme quelque chose de plus profond qu’une "conversation".

La prière est comprise comme une rencontre intime avec Dieu. Quand nous prions, nous rencontrons Dieu dans nos cœurs, dans le sanctuaire de toutes nos pensées, motivations, rêves, émotions et préoccupations. C'est un lieu où nous ne pouvons partager notre moi intérieur avec aucune autre personne humaine aussi complètement que nous pouvons le faire avec le Seigneur.

Entrer dans ce lieu très personnel et intime avec Dieu, plein de foi et d'amour, c'est sentir sa présence dans nos vies de la manière la plus profonde et la plus vivifiante. Dans ce lieu dans nos cœurs, nous ne percevons plus Dieu comme étant "là en dehors", tourné vers nous. Au contraire, nous sentons sa présence en nous, exaltant nos cœurs, guidant nos actions, éclairant nos esprits.

Notre foi chrétienne orthodoxe nous enseigne que la prière est la chose la plus naturelle qu'une personne puisse faire, c'est ce pour quoi nous sommes créés. Au Paradis, Adam et Dieu conversaient souvent. C'est seulement après la chute que nous nous sommes cachés de Dieu et avons choisi de ne pas parler ouvertement avec lui.

Les êtres humains ont été faits pour la prière, non parce que Dieu a besoin que nous le priions, mais parce que nous avons besoin de communiquer avec Celui qui nous a faits, nous a sauvés du péché et la mort, et répand Sa grâce sanctifiante sur nous. Sans la prière, il n'y a pas de vie, pas dans son sens le plus complet. En tant que personnes humaines, nous sommes créés pour la prière comme nous sommes créés pour respirer ou pour penser. La prière fait partie de notre nature unique; de toutes les créatures de Dieu, seuls les êtres humains sont capables de percevoir et d'interagir avec les réalités visibles (physiques) et invisibles (spirituelles).

La prière est si importante dans notre vie que saint Grégoire le Théologien nous enseigne «Souvenez-vous de Dieu plus souvent que vous respirez». Dans un premier temps, cette tâche peut sembler ardue, voire impossible. En vérité, nous constatons que souvent le plus grand obstacle au développement de notre vie de prière en est notre manque de confiance en nous-mêmes, et dans ce que Dieu peut faire pour et avec nous.

Souvent, nous ne nous prenons pas assez nous-mêmes au sérieux quand il s'agit de la prière. Nous pensons que c'est seulement l’affaire des "spécialistes" de se livrer à la prière – les membres du clergé, les moines, les moniales. Nous pensons que si nous avons besoin de lutter avec notre vie de prière c’est que nous ne devons pas "bien faire les choses". En vérité, ce n'est que lorsque nous nous débattons avec la prière que nous l'abordons d'une manière saine.

Mais même si la prière est - ou du moins devrait être - une partie naturelle de notre constitution humaine, la prière est une discipline, c’est un exercice spirituel. Une analogie couramment utilisée par les Saints, c'est que la prière est comme un feu. Au départ, elle commence seulement comme une petite étincelle dans notre âme; à la fin cependant, si nous attisons les flammes avec un effort constant pour prier, cette étincelle grandit pour devenir flammes spirituelles - ces flammes sont le buisson ardent dans nos âmes, où, comme Moïse, nous parlons avec Dieu.

Pour nourrir le feu de la prière dans notre âme, nous devons nous travailler selon un cadre régulier - ou "règle" - de prière. Comme un feu, si notre vie de prière est laissée à l'abandon, elle s’évanouit et de refroidit. Plus nous prions, plus notre vie de prière devient pleine de sens et nourrissante, et plus nous avons le désir d’entrer dans la prière.

Nos manières de prier

Dans la spiritualité orthodoxe, nous reconnaissons deux types de base de prière: les offices liturgiques et la prière personnelle. Dans notre Eglise ces deux types de prière sont compris comme allant ensemble - ils sont effectués par les croyants comme un seul corps, le corps du Christ.

La prière liturgique est évidemment communautaire. Un groupe de frères et de sœurs dans la foi se réunissent en un même lieu pour offrir des hymnes et des prières à Dieu. Mais même lorsque nous prions en privé, nous ne prions pas seul. Au contraire, nous joignons notre voix à celle d'innombrables autres chrétiens orthodoxes du monde entier qui élèvent leur cœur vers Dieu dans la prière au même moment. Le christianisme est toujours vécu comme une vie de groupe, jamais comme celle d’un individu isolé.

Liturgie et prière privée sont interdépendantes. Pour nous la prière individuelle ne suffit pas, parce que chaque être humain a un besoin inné de communauté, un besoin d'appartenance. Notre culte liturgique nous donne également l'ordre et la structure dont nous avons besoin pour la stabilité dans notre vie spirituelle.

En même temps, notre prière liturgique n’est vraiment vivante et vivifiante que lorsque les personnes présentes aussi bien sont des "gens de prière" en dehors des offices. Notre foi n'est pas pour "le dimanche seulement" et donc notre vie de prière ne doit pas non plus être seulement le dimanche. Chaque type de prière, liturgique et personnelle, complète et amplifie l’autre.


Dans la prière personnelle et le culte ensemble, la structure est importante. Les offices de l’église ont une structure composée de parties fixes et d’autres variables. Bien que notre prière personnelle puisse être beaucoup plus simple et davantage "personnalisée" que les offices, nous la structurons cependant comme une partie de notre vie quotidienne. Dans notre vie de prière personnelle, nous avons besoin de développer une habitude de prier régulièrement à certains moments de la journée. Cette habitude de la prière régulière est appelée une "règle de prière."

Les sources chrétiennes antiques prescrivent aux chrétiens de prier trois fois par jour : le matin, à la mi-journée et en soirée. De cette façon, nous conservons Dieu dans nos esprits et dans nos cœurs tout au long de la journée - au réveil, au milieu de nos tâches quotidiennes et au moment de nous retirer pour la nuit. Cette régularité est très importante car, fondamentalement, une vie de prière est une vie vécue dans le constant souvenir de Dieu.

Les saints nous enseignent que nos prières devraient inclure les quatre éléments suivants, dans cet ordre :
1&2) La glorification et la reconnaissance : le travail premier de la prière est de glorifier Dieu et de le remercier pour Ses grandes bénédictions, qu’elles soient connues ou inconnues de nous ;
3) La confession des péchés : nous demandons à Dieu son pardon pour quand nous ne sommes pas à la hauteur de la vie qu'Il nous appelle à vivre ;
4) La supplication : nous demandons à Dieu d'être miséricordieux et d’exaucer nos demandes pour les autres et pour nous-mêmes.

Cette structure nous permet de rappeler que la bénédiction de Dieu ne nous est pas donnée pas parce nous l’avons méritée, mais en dépit de nos imperfections et de nos fautes. Il nous aide aussi à éviter de regarder Dieu comme un serviteur spirituel que l’on sonne à volonté et qui est là simplement pour répondre à nos demandes - demander des choses est la dernière chose que nous faisons, pas la première.

Les prières ne nécessitent pas d'être longues ou compliquées pour être efficaces. Certaines des prières les plus puissantes de l'histoire ont été des phrases de quelques mots seulement. Le larron sur la croix n'eut qu'à dire : «Souviens-Toi de moi, Seigneur, dans ton Royaume», pour entendre la promesse de Jésus, «Aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis

Lorsque vous essayez de développer une habitude de prière dans votre vie quotidienne n'oubliez pas ceci : il est de loin préférable de passer fidèlement cinq minutes chaque jour dans la dévotion privée, que de prendre la soudaine décision de faire 35 minutes de prière personnelle une fois par semaine.

vendredi 15 octobre 2010

La puissance et la nécessité de la prière par P. Christophe Klitou [1]

"Beaucoup de gens aujourd'hui ne comprennent pas la puissance de la prière et la nécessité de la prière dans son ensemble. La plupart des gens ne se souviennent qu'il y a un Dieu que quand ils ont besoin de quelque chose, alors ils ont le plus souvent recours à la prière quand ils souffrent de quelque mal, quand un de leurs proches est malade, quand ils sont en difficulté, quand ils ont besoin d'une aide financière, quand ils postulent pour un nouveau poste, en général, quand ils ont besoin de quelque chose de ce monde. En toute autre circonstance ils pensent rarement à Dieu et vivent leur vie sans Dieu et sans prière. D'autres encore ont pris l'habitude de prier le matin ou avant d'aller au lit, mais ne ressentent pas le besoin de prier de toute la journée. Les rares occasions où ils ont recours à la prière, ils attendent que Dieu réagisse en répondant à leurs prières. S'il ne le fait pas cela affecte alors leur foi en Lui et souvent, les gens perdent la foi et disent que Dieu ne les a pas aidés quand ils en avaient besoin. La prière de ce point de vue n'est pas du tout de la prière. Le sens de la prière a été grossièrement déformé par rapport à son objectif principal qui est la communion avec Dieu. Alors, comment devons-nous prier et pour quelles choses devrions-nous prier ? Le Christ Lui-même, dans son Sermon sur la Montagne, nous a appris à prier et nous a dit pour quelles choses nous devrions prier. Il a dit:
"Quand tu pries, entre dans ta chambre, et quand tu auras fermé ta porte, prie ton Père qui est dans le secret, et ton Père qui voit dans le secret te récompensera." (Matthieu 6:6)"


Commentaire de St Jean Chrysostome sur la prière



« Ainsi lorsque vous priez, ne faites point comme les hypocrites qui affectent de prier en se tenant debout dans les synagogues et dans les coins des rues, afin qu’ils soient vus des hommes : Je vous dis en vérité que déjà ils ont reçu leur récompense.»
« Mais vous, lorsque vous priez, entrez en un « lieu retiré de votre maison, et fermant la porte, priez votre Père en secret.» Jésus-Christ appelle encore ces personnes hypocrites, et très justement, puisque, feignant de prier Dieu, ils ne font que regarder les hommes autour d’eux, et qu’ils ressemblent moins à des suppliants qu’à des comédiens. Car celui qui prie vraiment Dieu, quitte tout le reste, et n’est attentif qu’à Celui qui a le pouvoir de lui accorder sa demande. Que si vous le quittez pour porter ailleurs votre attention et vos regards, et partout à la ronde, vous vous en retournerez les mains vides, c’est-à-dire avec ce que vous avec demandé. C’est pourquoi Jésus-Christ ne dit pas que ces personnes ne recevront point leur récompense, mais qu’ils l’ont déjà reçue; c’est-à-dire qu’ils l’ont reçue des hommes, et qu’ils ont trouvé ce qu’ils désiraient. Ce n’était pas là le dessein de Dieu. Il voulait nous donner lui-même la récompense de notre prière. Mais lorsqu’on la prétend d’ailleurs, on ne mérite pas de rien recevoir de lui, puisqu’on n’attend rien de lui. Qui n’admirera la bonté de Dieu, qui promet de nous récompenser, même de ce que nous lui avons demandé ses grâces?