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mercredi 10 septembre 2014

SUR LA PRIÈRE (13et fin) par St JEAN CHRYSOSTOME - LA PRIÈRE ET LA GUERRE


La prière, c‘est la source du salut, pour l'âme le principe de l'immortalité, pour l’Église un rempart indestructible, un fort inébranlable : terrible au démon, elle est salutaire aux cœurs religieux. C’est la prière qui donna la vie au prophète Samuel tandis que la nature condamnait sa mère à la stérilité, la prière vint efficacement suppléer  à l'impuissance de la nature (I Reg. 1). Tel a été le fruit de la prière, tel est le prophète auquel la prière a donné la vie. Aussi Samuel est-il devenu célèbre dans les cieux, ayant imité les anges au delà des forces humaines. Tel devait être cet épi de la prière; il devait s’élever au-dessus des autres par son amour du bien, ses mœurs vertueuses; il devait se distinguer des saints qui l'avaient précédé, comme on voit dans les moissons des épis magnifiques se distinguer de tous les autres. C'est avec la prière que David vint heureusement à bout de si nombreuses et de si terribles guerres. ll ne mettait pas les armes en mouvement, il n'agitait pas les javelots, il ne brandissait pas le glaive; les prières étaient toute sa défense. C’est avec la prière qu'Ézéchias mit en fuite la  multitude des Perses. Tandis que ceux-ci approchaient des murailles leurs machines de guerre, Êzéchias n’avait pour défense que ses prières, et la prière terminait la guerre sans l'intervention des armes, sans que le clairon sonnât, sans que l'armée sortit de son repos, sans qu’elle usât de ses armes, sans que la terre fût ensanglantée : il suffit de 1a prière pour frapper les ennemis d'épousante.
C'est encore la prière qui sauva les Ninivites, qui détourna la colère céleste prête à éclater sur eux, et qui les tira promptement de la corruption où ils vivaient.  Telles sont en effet, la vertu et la puissance de la prière qu’à peine eut-elle pénétré dans cette ville livrée depuis longtemps aux vices et aux turpitudes, qu’elle en changea la face tout entière et qu’elle y introduisit avec elle la chasteté, l'affection, la concorde, le soin des pauvres et toute sorte de biens. De même qu'une reine entrant dans une ville attire à sa suite une foule de richesses ainsi la prière lorsqu'elle entre dans une âme, y est suivie de toutes les vertus. Ce que l'édifice  est aux fondements, l’âme l'est à la prière. À nous donc de l'établir solidement dans nos âmes comme une racine et un fondement, puis d’élever avec ardeur la tempérance, la mansuétude, la justice, le soin des pauvres, et toutes les lois du Christ, afin de vivre désormais conformément à ce qu’elles prescrivent et d’obtenir les biens célestes par la grâce et la charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par lequel et avec lequel  gloire et puissance soient au Père, en l'unité du Saint Esprit, dans les siècles des siècles. 
St Jean Chrysostome (Sur la prière)


lundi 1 septembre 2014

SUR LA PRIÈRE (12) par St JEAN CHRYSOSTOME : la prière peut facilement arracher les hommes aux dangers qui les menacent

Nous connaissons les recommandations que l'Apôtre écrivait à tous les hommes : "Appliquez-vous à la prière, avec persévérance et actions de grâces: priez en même temps pour moi, afin que ma bouche s'ouvre et parle avec confiance et qu'elle annonce le mystère de l'Évangile" (Col. 4;2-3). Que dites-vous là? Quoi! la prière nous donnerait une telle confiance, que nous oserions supplier le Seigneur en faveur de Paul? Et quel soldat oserait intercéder en faveur de son général ? Or jamais général n’a été chéri de son prince comme Paul l’a été de Dieu. Eh bien, telle est la dignité dont la prière est la source qu’elle permet de supplier Dieu en faveur de Paul. L’illustre Pierre aussi qui était plus resplendissant que le ciel, fut délivré de la prison, sans doute à cause de ses vertus et en vue du salut de l'humanité, mais encore parce que les prières de l'Église ouvrirent sans résistance les portes fermées de la prison. Luc n'a pas écrit sans motif que l'Église entière ne cessait de prier en faveur de Pierre: il voulait nous apprendre que la prière est assez puissante dans les cieux pour soustraire aux dangers, 
Pierre et Paul, les colonnes de l’Église, les coryphées de apôtres, dont la gloire atteignait jusqu’au ciel, les remparts de l’univers, la sécurité de la terre et de la mer tout l'ensemble.

Dites-moi comment Moïse a sauvé Israël dans les combats? Laissant les armes et les bataillons à son disciple, n’opposa-t-il pas ses prières à la foule des ennemis, nous montrant de la sorte, que les armes, les chevaux, les richesses, les armées sont bien moins puissantes que les prières des justes? C'est pourquoi une armée entière, d'innombrables tribus avaient dans la prière toutes leurs espérances de salut. Moise priait-il, les Juifs étaient victorieux : suspendait-il sa prière, les Juifs reculaient devant leurs adversaires (Ex.17;10-11)). Et nous aussi, nous triompherons aisément du diable par la prière, au lieu que par l'indifférence nous attirerons sur nous la rage de l’esprit mauvais. Le peuple ayant commis l'impiété, Moïse le sauva par sa seule prière; par la prière, il lui obtint la faveur divine et des biens incalculables. C'est à la prière qu'il dut lui-même de se rapprocher par sa vie des habitants des cieux. La prière a maîtrisé la violence des flammes, elle a adouci des lions; l'histoire de Daniel d'un côté, celle des trois enfants de l'autre nous l'apprennent (Dan. 6;14). C'en est assez, je pense, pour montrer que la prière peut facilement arracher les hommes aux dangers qui les menacent.

mercredi 27 août 2014

SUR LA PRIÈRE (11) par St JEAN CHRYSOSTOME La prière transforme les hommes en des temples du Christ

Mais il nous faut vous dire maintenant à combien de justes il a été donné de sauver par leurs prières, des peuples, des cités et la terre entière.
À parler de la prière, c’est de Paul le premier qu'il faut parler, de Paul insatiable du culte de Dieu, de Paul notre commun père et le chef des serviteurs du Christ. Or cet apôtre à qui l'univers était confié assurait par ses continuelles prières le salut de toutes les nations, disant sans cesse : "C'est pourquoi je fléchis le genou devant le Père de Notre Seigneur Jésus Christ, de qui toute paternité découle au ciel et sur la terre; afin que par les richesses de sa grâce il vous fortifie par son esprit dans l'homme intérieur, que Jésus Christ habite dans vos cœurs par la foi" (Ephes. 3; 14-17). Voyez-vous quelle est la vertu de la prière ?

Elle transforme les hommes en des temples du Christ : et de même que les palais des rois sont bâtis avec de l’or, des pierres précieuses et du marbre; ainsi les temples du Christ le sont avec la prière. "Afin que le Christ habite  dans vos cœurs", dit l’Apôtre. Quel plus bel éloge de la prière que cette transformation de l'homme en un  temple divin? Celui que les cieux ne contiennent pas, habite dans une âme où la prière est vivante.  "Le ciel est  mon trône, dit-il, et la terre est l'escabeau de mes pieds. Quelle maison me bâtirez-vous  et quel sera le lieu de mon repos? " (Is. 66,1). Et voilà que Paul lui bâtit une maison par de saintes prières. "Je fléchis le genou devant le Père de Notre Seigneur Jésus Christ afin que le Christ habite par la foi dans vos cœurs"  



Voyez ici une preuve de la puissance d’une sainte prière : Paul, qui parcourait comme d’un vol rapide la terre entière, qui habitait des prisons, qui subissait les verges, qui portait des chaînes,  qui vivait au milieu du sang et des périls, qui chassait les démons, qui ressuscitait les morts, qui guérissait les maladies, ne comptait sur aucune de ces choses pour le salut des hommes ; c’est la prière qu’il donnait pour rempart à la terre; et, après ces prodiges, après avoir ressuscité des morts, il se retirait dans la prière comme un athlète couronné dans la palestre. Et en effet, la prière est inséparable de la résurrection des morts et des autres miracles; l'action que les eaux exercent sur les arbres, les prières des saints l'exercent dans cette vie. C'est parce qu’il en arrosait son âme durant la nuit que Paul bravait en se jouant tous les maux, et qu'il offrait son dos aux coups, comme l'eût fait une statue. C'est par la prière qu’en Macédoine il fit trembler la prison; c'est par la prière que, semblable à un lion, il rompit ses fers ; c’est par la prière qu’il délivra 1e geôlier de la terreur; c'est par la prière qu’il brisa la tyrannie des démons.


mercredi 16 juillet 2014

SUR LA PRIÈRE (10) par St JEAN CHRYSOSTOME : la prière a la vertu d'incliner les naturels les plus mauvais à la clémence et à la miséricorde

Instruisons-nous de la sagesse cachée dans ces paroles de l'Esprit, et approfondissons-les, sinon autant quelles le permettraient, du moins autant que cela nous sera possible. Les gens qui vivent sur les flots descendent dans les entrailles de 1’abîme pour rapporter aux habitants du continent des pierres précieuses. Nous aussi qui parcourons l’océan des divines Écritures, pénétrons selon nos forces dans les entrailles de cette sagesse spirituelle, afin de vous rapporter des trésors sous lesquels vos âmes brilleront avec plus de splendeur que le front des monarques sous leurs couronnes de pierreries. La beauté de ces couronnes-ci a pour limites la vie présente ; mais celui qui donne pour couronne à son âme les sentences de l'Esprit, outre qu’il jouit durant la vie présente d'une sécurité parfaite, s'approche, après avoir quitté ce monde, du tribunal du Christ, riche en vertu et pur de toute souillure. Quel trésor vous rapporterons-nous donc de l’abîme des Écritures, encore que nous ne descendions pas au plus profond de cette sagesse, et que nous ne le fassions que dans la mesure qui nous est permise. Pour attirer les hommes a la prière et pour frapper nos âmes des avantages qu’elle procure, le Christ met sous nos yeux un juge méchant et cruel, dont les yeux étaient étrangers à toute pudeur, et qui avait chassé la crainte de Dieu de son âme. ll eût suffit pourtant de l'image d’un juge miséricordieux et juste, et du rapprochement de sa justice avec la bonté de Dieu, pour montrer la vertu de la prière. Si un homme bon et doux accueille avec bienveillance les supplications de ses semblables, à plus forte raison Dieu les accueillera-t-il, lui dont la miséricorde sans mesure surpasse et notre pensée, et celle des anges eux-mêmes. Il eût donc suffi, comme je le disais tout à l'heure, de nous offrir l'image d'un juste juge. S'il introduit un juge cruel, impie, sans entrailles, dur avec les autres, doux et humain avec ceux qui le prient, c'est pour vous enseigner que la prière a la vertu d'incliner les naturels les plus mauvais a la clémence et à la miséricorde. Pourquoi le Christ a-t-il employé cet exemple? Afin que personne n'ignorât la vertu de la prière. C'est après nous avoir offert le spectacle d'une veuve en présence du plus scélérat des hommes, et nous avoir montré l'humanité contre nature de celui-ci, qu'il passe de ce misérable à son Père si bon, si doux, si bienveillant, si miséricordieux, qui s'élève au-dessus des iniquités, qui pardonne des péchés innombrables, qui supporte les blasphèmes dont on l'accable chaque jour, qui souffre que les démons soient honorés sous ses yeux, tandis qu'on l'outrage lui-même, tandis qu'on blasphème son Fils et qu'on ajoute les crimes aux crimes. S'il supporte ces indignités avec tant de mansuétude, lorsqu'il nous verra nous prosterner devant lui avec la crainte convenable, est-ce qu'il n'aura pas bientôt pitié de nous? Écoutez ce que dit le juge d'iniquité : "Quoique je ne craigne pas Dieu et que je ne respecte pas les hommes, néanmoins à cause des ennuis que cette veuve me suscite, je lui rendrai justice." Quoi donc! ce que la crainte n'aurait pu faire, la prière l’aurait-elle fait ? Ni les menaces, ni la crainte du châtiment n'avaient déterminé cet homme à remplir son devoir : une veuve se présente et, par ses supplications, adoucit ce monstre sauvage. Que penser après cela de Dieu, qui est si bon, puisqu'une veuve suppliante a fléchi de la sorte un juge cruel? Quelle bienveillance, quelle miséricorde Dieu nous témoignera-t-il, lui qui veut toujours pardonner et ne jamais punir ; lui qui, dans son extrême charité, nous menace de ses châtiments, et nous offre de magnifiques récompenses, afin que l'espérance d’un côté nous anime à la vertu, et que la crainte de 1’autre nous éloigne du vice! Je ne puis détacher ma pensée de ce juge d'iniquité, parce que j'aperçois à travers sa douceur si peu naturelle l'ineffable bonté de Dieu. Ce juge qui n'avait jamais voulu faire quoi que ce soit de bon, change en un instant et prend pitié d’une suppliante : de quelle sollicitude de la part du Ciel ne serons-nous pas redevables à la prière? Si vous désirez connaître la vertu et la puissance d'une sainte prière, examinez et considérez les biens dont jouissent chaque jour et à chaque instant les fidèles qui ne cessent de prier le Seigneur. Qui ne sait que la lumière du soleil, des étoiles et de la lune, qu’un air sain, que des aliments de toute sorte, que les richesses, la vie et une infinité de biens, Dieu les dispense également à tous les hommes,aux justes comme aux impies, tant est grande sa bonté envers nous? S’il traite tous les jours avec une miséricorde et une générosité pareilles des êtres qui ne le prient pas et ne lui demandent rien, de quels biens ne comblera-t-il pas ceux qui passent toute leur vie à l’implorer et à le prier? (à suivre)


mercredi 25 juin 2014

SUR LA PRIÈRE (8) par St JEAN CHRYSOSTOME : la prière est le principe de toute justice et de toute vertu,

Quoi de plus saint que de s'entretenir familièrement avec Dieu, quoi de plus juste, quoi de plus beau, quoi de plus sage? Si les personnes qui fréquentent des sages, arrivent bientôt par suite de ces rapports fréquents à leur ressembler, que faudra-t-il dire de celles qui par la prière conversent avec Dieu ? De quelle sagesse, de quelle vertu, de quelle intelligence, de quel amour du bien, de quelle modestie, de quelle bonté ne seront-elles pas redevables à la prière? En sorte que l'on peut dire sans crainte de se tromper que la prière est le principe de toute justice et de toute vertu, et que nul sentiment favorable à la piété ne saurait pénétrer dans l'âme sans le secours de la prière.


De même qu'une ville sans remparts tombera facilement au pouvoir des ennemis à cause de l'abandon où sont ses défenseurs, de même le démon se rendra maître aisément de l'âme que ne protège pas la prière, et il la remplira sans peine de toute sorte de péchés. Quand il voit l’âme couverte de cette armure, il n'ose s’en approcher, il redoute la force et la puissance que lui donnent les prières, car elles fortifient l’âme, plus que la nourriture le corps. De plus, ceux qui prient avec ferveur ne supportent rien qui soit indigne de la prière et par respect pour le Dieu avec lequel ils viennent de s'entretenir, ils repoussent avec promptitude les efforts de l'esprit pervers, songeant en eux-mêmes quel crime ce serait, après avoir parlé au Seigneur, lui avoir demandé la sainteté et la chasteté, de passer aussitôt du côté du démon, d’accueillir dans leur esprit les jouissances honteuses, d’ouvrir au diable un accès dans ce cœur où Dieu s’est reposé naguère, et de permettre aux démons de pénétrer dans leurs âmes lorsqu’elles ont été comblées, par la grâce de l’Esprit, de charité et de bienfaits. Comment cela, je vais vous le dire. (à suivre)

lundi 16 juin 2014

SUR LA PRIÈRE (7) par St JEAN CHRYSOSTOME : Une chose est commune aux anges et aux hommes : la prière

Que la prière soit la source de tout bien, le principe du salut et de la vie éternelle, il n'est personne qui l'ignore. Cependant il ne sera pas inutile de traiter ce sujet dans la mesure de nos forces, afin que les personnes accoutumées à une vie de prière et à s'appliquer avec zèle au culte de Dieu, deviennent par ces paroles plus ferventes ; et pour celles qui vivent dans la négligence et qui laissent leur âme privée de prière, afin que comprenant le temps qu'elles ont perdu, elles n'achèvent pas de compromettre leur salut durant le reste de leur vie. 
Une grande chose que nous pouvons dire de suite sur la prière est que quiconque prie s'entretient avec Dieu. Or, quel honneur, il y a pour l'homme à s'entretenir avec Dieu, tout le monde le comprend ; mais expliquer cet honneur par des paroles, personne ne le pourrait. Cet honneur s'élève même au-dessus de la dignité des anges; et, comme ils le savent bien, nous les voyons tous dans les prophètes offrir au Seigneur avec un profond saisissement leurs cantiques et leurs hommages, se couvrir le visage et les pieds dans le respect dont ils sont pénétrés, exprimer la frayeur qui les anime par leur vol et par leur incessante mobilité ; nous instruisant, ce me semble, à oublier nous-mêmes notre humanité au temps de la prière, et dans la terreur et la crainte dont nous serons remplis, à ne voir aucune des choses présentes, à nous croire transportés au milieu de ces purs esprits pour rendre à Dieu le culte qu'ils lui rendent eux-mêmes. Si des différences profondes séparent en tout le reste la condition des anges et la nôtre ; s'ils se distinguent de nous par la nature, par la manière de vivre, par la sagesse, par l'intelligence et par une foule d'autres points, une chose est cependant commune aux anges et aux hommes, la prière, et sous ce rapport il n'y a point de différence entre ces deux natures. La prière vous sépare des bêtes, la prière vous réunit aux anges: il ne tardera pas à partager leur société, leurs moeurs, leur genre de vie, leur dignité, leur noblesse, leur sagesse, leur intelligence, celui qui s’appliquera à consacrer toute sa vie à la prière et au culte de Dieu.

dimanche 1 juin 2014

SUR LA PRIÈRE (6) par St JEAN CHRYSOSTOME : Quand les démons nous voient protégés par la prière, ils s'enfuient aussitôt


Car la prière ne nous est pas moins indispensable à nous, hommes, que les eaux ne le sont aux arbres. Ni les arbres ne peuvent produire du fruit s'ils ne s'abreuvent par les racines, ni nous-mêmes ne pourrons produire les fruits précieux de la piété en dehors des eaux de la prière. Aussi faudrait-il qu’à notre lever nous prévinssions le soleil en offrant à Dieu nos hommages, et que nous les lui offrissions de même au moment de prendre notre repas ou notre sommeil : ou plutôt, à toutes les heures, nous devrions offrir à Dieu une prière et observer cette règle durant la journée tout entière. Dans la saison de l'hiver, consacrons à la prière la plus grande partie de la nuit,fléchissons le genou avec une crainte et un recueillement profonds, et cherchons notre bonheur dans le culte de Dieu. Comment, je vous le demande, regarderiez-vous le soleil sans avoir adoré celui qui envoie à vos yeux cette lumière si douce? Comment prendre votre repas sans avoir adoré l'auteur et le dispensateur de tant de biens ? Avec quelle espérance aborderez-vous le temps de la nuit, à quels rêves vous attendrez-vous si, au lieu de prendre l'armure de la prière, vous vous plongez sans précaution dans le sommeil ? Vous deviendrez facilement le jouet et la victime des démons pervers qui rôdent sans cesse et épient l'occasion où ils pourront nous surprendre, et enlever rapidement celui d'entre nous qui ne posséderait pas l'arme de la prière. Quand ils nous voient protégés par la prière, ils s'enfuient aussitôt comme des brigands et des malfaiteurs apercevant le glaive du soldat suspendu sur leur tête. Quand ils rencontrent quelqu'un dénué du prières, ils le saisissent, l'emportent et le précipitent dans le péché, dans les désastres et dans tous les maux. Que la crainte de ces dangers nous détermine à nous munir toujours des armes défensives des hymnes et des prières, afin que Dieu, ayant pitié de tous nous rende dignes du royaume des cieux, par son Fils unique, auquel gloire et puissance soient dans les siècles des siècles.

mercredi 7 mai 2014

SUR LA PRIÈRE (2) par St JEAN CHRYSOSTOME : Celui qui ne prie pas Dieu… c'est un cadavre


Que vous soyez épris de la virginité, que vous ayez préféré une union chaste et honorable, qu'il vous faille dompter le ressentiment, pratiquer la douceur, repousser l’envie, ou pratiquer toute autre vertu, si la prière vous guide et vous aplanit le chemin, vous fournirez aisément et promptement la carrière de la piété. Il ne pourrait se faire, non, il ne pourrait se faire que l’on demandât à Dieu la chasteté, la justice, la douceur, la bonté, et qu’on ne fût pas exaucé.  

"Demandez, disait le Sauveur, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverz; frappez, et l'on vous ouvrira ; car quiconque demande reçoit, quiconque cherche trouve. et  l'on ouvre à celui qui frappe. - Qui d'entre vous, disait-Il ailleurs, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre:s'il lui demande un poisson, est-ce qu'il lui donnera un  serpent ? Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez  donner à vos enfants des choses salutaires, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demanderont ! " (Mat IX, 7; Luc. XI. 11-13)

 C’est par ce langage, c'est par ces espérances que le Seigneur de toutes choses nous invitait à prier. À nous donc d’obéir à Dieu, de passer notre vie dans 1a prière et dans les hymnes, et de nous attacher plus étroitement au culte de Dieu qu'à notre propre vie. De cette manière nous vivrons comme il convient à des hommes de le faire. Celui qui ne prie pas Dieu, et qui ne désire pas jouir sans cesse de ces entretiens, c'est un cadavre, qui n’a ni âme, ni sentiment. L’un des signes les plus frappants de stupidité, c’est en effet de ne pas comprendre la grandeur de cette dignité, de ne pas chérir la prière et de ne pas regarder comme la mort de l'âme, l'indifférence à rendre à Dieu nos hommages. De même que notre corps, séparé de 1’âme, n'est que cadavre et pourriture ; de même notre coeur  lorsqu'il ne s’adonne pas à la prière n’est qu'un cadavre misérable et infect.   Que la privation de la prière doive être estimée plus amère que la mort, le grand prophète Daniel nous l’a clairement enseigné, lui qui aima mieux mourir que de passer trois jours sans prier (Dan. VI,10). Ce n’était pas par impiété que le roi des Perses lui avait imposé cet ordre, mais uniquement pour avoir trois jours entiers à lui. (à suivre)

vendredi 2 mai 2014

SUR LA PRIÈRE (1) par St JEAN CHRYSOSTOME

Deux raisons nous incitent à admirer et de plus à estimer bienheureux les serviteurs de Dieu : premièrement parce qu'ils ont mis toute leurs espérances de salut dans la sainteté de la prière, en second  lieu parce qu'ils ont conservé par écrit les hymnes et les prières qu'ils offraient à Dieu avec joie et tremblement, et qu'ils nous ont transmis leur trésor, afin d'inspirer le même zèle à toute la postérité. Il convient en effet que les moeurs  des maîtres passent aux disciples ; il convient que les auditeurs des prophètes deviennent les imitateurs de leur justice, de manière à ce que nous consacrions notre vie à prier, à honorer et à servir Dieu, faisant consister à le prier avec une âme innocente et pure, notre vie, nos richesses, et le comble du bonheur.

Ce que la lumière du soleil est pour le corps, la prière l'est pour l'âme, si c'est un malheur pour un aveugle de ne pas voir le soleil, quel malheur ne sera-ce pas pour le chrétien de ne pas prier sans cesse, et de ne pas attirer par sa prière la lumière du Christ dans son âme ?

Et cependant qui ne considèrerait avec saisissement  et stupeur la charité que Dieu nous témoigne et l'honneur qu'Il fait aux homme de les admettre à le prier et à converser avec Lui? Car c'est vraiment avec Lui que nous parlons au temps de la prière, laquelle en outre nous réunit aux anges et nous élève bien au-dessus de la condition des brutes. La prière, c’est l'acte des anges; elle surpasse même leur dignité, puisque la dignité angélique est inférieure à la dignité de l'entretien avec Dieu. Cette infériorité, du reste, ils nous l'apprennent par la crainte profonde avec laquelle ils offrent leurs prières; nous instruisant nous-mêmes, lorsque nous aurons à nous approcher de Dieu, à le faire avec crainte et avec joie; avec crainte, car nous pourrions être indignes de la prière; avec joie, car nous devons en être remplis par l'honneur incomparable qui nous est accordé, une race mortelle étant admise à une faveur si haute que de s'entretenir  continuellement avec Dieu, et de s'élever par là au-dessus de la corruption et de la mort. Mortels par notre nature, par la familiarité avec Dieu, nous nous rapprochons d'une condition immortelle. 
Aussi, quiconque s'entretient fréquemment avec Dieu, devient certainement plus fort que la mort et que la corruption. De même que nous n’avons rien de commun avec les ténèbres lorsque nous sommes éclairés par les rayons du soleil, de même, celui qui jouit de la familiarité de Dieu doit être nécessairement supérieur a la mort. L'honneur éclatant dont nous sommes gratifiés, nous conduit lui-même à l'immortalité. Si les personnes qui possèdent la considération de l'Empereur ne peuvent tomber dans l'indigence, à plus forte raison est-il impossible que les âmes qui s'entretiennent et qui conversent avec Dieu, soient soumises à la mort. La mort pour l'âme, c’est l'impiété et une vie de prévarications : par conséquent, la vie pour l'âme consistera dans le service de Dieu et dans une conduite en rapport avec ce service. Or la prière sanctifie notre vie, la rend digne du culte de Dieu, et amasse dans nos âmes d'admirables  trésors. (à suivre)

lundi 13 mai 2013

Est-ce que la prière suffit à notre salut ?

L'une de ces personnes négligentes qui ne sent point de zélé ni de ferveur dans la prière, objectera peut-être ces paroles du Sauveur: « Quiconque me dira : Seigneur,  Seigneur, n'entrera pas pour cela dans le Royaume des cieux ; mais celui qui accomplit la volonté de mon Père qui est au Ciel.» (Mat.7,21)

Si je prétendais qu'il suffit à notre salut de la prière, c'est à bon droit qu'on m'opposerait ces paroles : comme je reconnais seulement dans la prière la source de tous les biens, le fondement et la racine de toute vie vertueuse, que l'on n'aille plus se servir de ces paroles pour se justifier de sa négligence. Ni la chasteté seule et privée des autres biens ne saurait nous sauver, ni le soin des pauvres, ni la bonté, ni toute autre vertu; il faut que toutes ces choses concourent dans nos âmes. Or, c'est la prière qui leur sert de fondement et de principe. De même que la solidité d'un vaisseau et d'un édifice dépend de la solidité des parties inférieures, ainsi notre vie reçoit sa consistance de la prière : sans la prière, rien de bon, rien d'utile au salut ne nous arriverait.C'est pourquoi Paul ne cesse de nous y exhorter avec instance : « Persévérez dans la prière, nous dit-il, passez vos veilles à prier et à rendre grâces - Priez sans relâche, dit-il ailleurs et rendez grâces en toutes choses car telle est la volonté de Dieu - Priez en tout temps et en esprit, ajoute-t-il encore. Veillez pour cela et persévérez dans la prière»

C'est par ces pressantes et divines paroles que le chef des apôtres nous appelle à la prière. Puis donc que nous sommes ses disciples, ne cessons pendant notre vie de prier et d'arroser continuellement nos âmes de ces eaux rafraichissantes. Car la priére ne nous est pas moins indispensable à nous, hommes, que les eaux ne le sont aux arbres. Ni les arbres ne peuvent produire du fruit s'ils ne s'abreuvent par les racines, ni nous-mêmes ne pourrons produire les fruits précieux de la piété en dehors des eaux de la prière. 
St Jean Chrysostome (Sur la prière)

mercredi 2 janvier 2013

Sur la prière par St Jean Chrysostome [3]

Les effets de la prière dans le temple même de Dieu

"Quand je vois une âme qui n'aime pas la prière et qui n'a pas pour elle une affection vive et ardente, c'est une preuve pour moi qu'il n'y a rien de grand dans cette âme. Quand je vois, ou contraire, une âme qui ne se rassasie jamais d'honorer Dieu, et qui met au nombre de ses plus grands malheurs celui de ne pouvoir prier sans cesse, je découvre dans cette âme le culte solide de toutes les vertus et le temple même de Dieu. Si, d'après le sage Salomon, le vêtement d'un homme, sa démarche, son sourire publient ce qu'il est, à plus forte raison les prières et la piété seront-elles un indice, d'une parfaite justice : vêtements spirituels et divins, elles répandent sur nos âmes la grâce et la beauté, elles ordonnent la vie de chacun de nous, ne permettent pas qu'aucun sentiment de malice .ou de folie règne dans notre cœur; elles nous pénètrent de respect pour Dieu et pour les honneurs qu'il nous dispense, nous instruisent à repousser toutes les illusions de l'esprit pervers, à mettre en fuite les pensées indignes et honteuses, et nous inspirent à tous le mépris de la volupté. C'est le seul orgueil qui convienne aux serviteurs du Christ de se refuser à servir l'ignominie, et de maintenir leur âme dans la pureté et dans la liberté"

mardi 23 octobre 2012

Sur la prière par St Jean Chrysostome [2]

 Fussions-nous couverts de péchés, la prière nous en purifie aussitôt.

Иоанн Златоуст

Du reste, tout le monde comprend aisément, j’aime à le croire, l'impossibilité absolue de pratiquer la vertu sans la prière, et de la pratiquer durant toute la vie. Et comment pratiquer la vertu, si l'on ne va se prosterner fréquemment aux pieds de celui qui la dispense et qui la donne? Comment désirer sincèrement d'être chaste et juste, si l'on n'est point heureux de s'entretenir avec celui qui nous demande ces vertus et bien d'autres encore. Je veux vous montrer brièvement que, fussions-nous couverts de péchés, la prière nous en purifie aussitôt. Après cela, quoi de plus noble, quoi de plus divin que la prière puisqu'elle est pour les maladies des âmes un remède souverain? En premier lieu, ce sont les Ninivites qui nous apparaissent comme ayant été délivrés, par la prière de crimes innombrables envers Dieu (Jon III). Dès que la prière eut pénétré dans leur cœur, elle y ramena la justice, arracha en un moment la ville à l'impureté, à l'iniquité, aux prévarications dans lesquelles elle était plongée ; plus forte que des habitudes invétérées, elle y établit le règne des lois célestes, et y implanta avec elle la chasteté, l'humanité, la mansuétude et le soin des pauvres. C'est le cortège sans lequel la prière ne saurait habiter dans une âme : dans toutes les âmes où elle établit sa demeure, elle y amène toute justice, elle les forme à la vertu, et en bannit le vice. Si quelqu'un fût alors entré dans la ville de Ninive, connaissant ce qu'elle était autrefois, il ne l'eût certainement pas reconnue, tant ce passage d'une vie de crimes à la piété avait été rapide. De même qu’on ne reconnaitrait point une femme pauvre et couverte de haillons, si on la rencontrait ensuite couverte de vêtements d'or ; de même quiconque eût vu auparavant Ninive dans son indigence et dans sa pauvreté en fait de trésors spirituels, eût ignoré quelle était cette ville dont la prière avait si profondément bouleversé les coutumes et les mœurs , et qu'elle avait ramenée à la vertu. Une femme aussi, après avoir passé toute sa vie dans l'impureté et la débauche, ne fit que se jeter aux pieds du Christ, et elle en obtint le salut.

dimanche 15 avril 2012

Sur la prière par St Jean Chrysostome [1]

Il est impossible que les âmes qui s'entretiennent et qui conversent avec Dieu,
 soient soumises à la mort

"Deux raisons nous invitent à admirer et de plus à estimer bienheureux les serviteurs de Dieu : premièrement parce qu'ils ont mis toutes leurs espérances de salut dans la sainteté de la prière: en second lieu, parce qu'ils oui conservé par écrit, les hymnes et les prières qu'ils offraient à Dieu avec joie et tremblement, et qu'ils nous ont transmis leur trésor afin d'inspirer le même zèle à tout la postérité. Il convient, en effet, que les mœurs des maîtres passent aux disciples; il convient que les auditeurs des prophètes deviennent les imitateurs de leur justice de manière à ce que nous consacrions notre vie à prier, honorer et à servir Dieu, faisant consister à le prier avec une âme innocente et pure, notre vie, notre santé, nos richesses, et le comble du bonheur. Ce que la lumière du soleil est pour le corps, la prière l'est pour l'âme : si c'est un malheur pour l'aveugle de ne pas voir le soleil, quel malheur ne sera-ce pas pour le chrétien de ne pas prier sans cesse, et de ne pas attirer par sa prière la lumière du Christ dans son âme ? Et cependant, qui ne considérerait avec saisissement et stupeur la charité que Dieu nous témoigne, et l'honneur qu'il fait aux hommes de les admettre à le prier et converser avec lui ? Car c'est vraiment avec Dieu que nous parlons au temps de la prière, laquelle en outre nous réunit aux anges et nous élève bien au-dessus de la condition des brutes. La prière, c'est l'acte des anges; elle surpasse même leur dignité, puisque la dignité angélique est inférieure à la dignité de l'entretien avec Dieu. Cette infériorité, du reste, ils nous l'apprennent par la crainte profonde avec laquelle ils offrent leurs prières; nous instruisant nous-mêmes, lorsque nous aurons à nous approcher de Dieu, à le faire avec crainte et avec joie ; avec crainte, car nous pourrions être indignes de la prière; avec joie, car nous devons en être remplis par l’honneur incomparable qui nous est accordé, une race mortelle étant admise à une faveur si haute que de s’entretenir continuellement avec Dieu, et de s'élever par-là au-dessus de la corruption et de la mort. Mortels par noire nature, par la familiarité avec Dieu, nous nous rapprochons d'une condition immortelle. Aussi, quiconque s'entretient fréquemment avec Dieu, devient certainement plus fort que la mort et que la corruption. De même que nous n'avons rien de commun avec les ténèbres lorsque nous sommes éclairés par les rayons du soleil; de même, celui qui jouit de la familiarité de Dieu doit être nécessairement supérieur à la mort. L'honneur éclatant dont nous sommes gratifiés, nous conduit lui-même à l'immortalité. Si les personnes qui possèdent la considération de l'Empereur ne peuvent tomber dans l'indigence ; à plus forte raison est-il impossible que les âmes qui s'entretiennent et qui conversent avec Dieu, soient soumises à la mort. La mort pour l'âme, c'est l'impiété et une vie de prévarications : par conséquent, la vie pour l'âme consistera dans le service de Dieu et dans une conduite en rapport avec ce service. Or la prière sanctifie notre vie, la rend digne du culte de Dieu, et amasse dans nos âmes d'admirables trésors."

vendredi 15 octobre 2010

La puissance et la nécessité de la prière par P. Christophe Klitou [1]

"Beaucoup de gens aujourd'hui ne comprennent pas la puissance de la prière et la nécessité de la prière dans son ensemble. La plupart des gens ne se souviennent qu'il y a un Dieu que quand ils ont besoin de quelque chose, alors ils ont le plus souvent recours à la prière quand ils souffrent de quelque mal, quand un de leurs proches est malade, quand ils sont en difficulté, quand ils ont besoin d'une aide financière, quand ils postulent pour un nouveau poste, en général, quand ils ont besoin de quelque chose de ce monde. En toute autre circonstance ils pensent rarement à Dieu et vivent leur vie sans Dieu et sans prière. D'autres encore ont pris l'habitude de prier le matin ou avant d'aller au lit, mais ne ressentent pas le besoin de prier de toute la journée. Les rares occasions où ils ont recours à la prière, ils attendent que Dieu réagisse en répondant à leurs prières. S'il ne le fait pas cela affecte alors leur foi en Lui et souvent, les gens perdent la foi et disent que Dieu ne les a pas aidés quand ils en avaient besoin. La prière de ce point de vue n'est pas du tout de la prière. Le sens de la prière a été grossièrement déformé par rapport à son objectif principal qui est la communion avec Dieu. Alors, comment devons-nous prier et pour quelles choses devrions-nous prier ? Le Christ Lui-même, dans son Sermon sur la Montagne, nous a appris à prier et nous a dit pour quelles choses nous devrions prier. Il a dit:
"Quand tu pries, entre dans ta chambre, et quand tu auras fermé ta porte, prie ton Père qui est dans le secret, et ton Père qui voit dans le secret te récompensera." (Matthieu 6:6)"


Commentaire de St Jean Chrysostome sur la prière



« Ainsi lorsque vous priez, ne faites point comme les hypocrites qui affectent de prier en se tenant debout dans les synagogues et dans les coins des rues, afin qu’ils soient vus des hommes : Je vous dis en vérité que déjà ils ont reçu leur récompense.»
« Mais vous, lorsque vous priez, entrez en un « lieu retiré de votre maison, et fermant la porte, priez votre Père en secret.» Jésus-Christ appelle encore ces personnes hypocrites, et très justement, puisque, feignant de prier Dieu, ils ne font que regarder les hommes autour d’eux, et qu’ils ressemblent moins à des suppliants qu’à des comédiens. Car celui qui prie vraiment Dieu, quitte tout le reste, et n’est attentif qu’à Celui qui a le pouvoir de lui accorder sa demande. Que si vous le quittez pour porter ailleurs votre attention et vos regards, et partout à la ronde, vous vous en retournerez les mains vides, c’est-à-dire avec ce que vous avec demandé. C’est pourquoi Jésus-Christ ne dit pas que ces personnes ne recevront point leur récompense, mais qu’ils l’ont déjà reçue; c’est-à-dire qu’ils l’ont reçue des hommes, et qu’ils ont trouvé ce qu’ils désiraient. Ce n’était pas là le dessein de Dieu. Il voulait nous donner lui-même la récompense de notre prière. Mais lorsqu’on la prétend d’ailleurs, on ne mérite pas de rien recevoir de lui, puisqu’on n’attend rien de lui. Qui n’admirera la bonté de Dieu, qui promet de nous récompenser, même de ce que nous lui avons demandé ses grâces?