dimanche 11 mai 2014

SUR LA PRIÈRE (3) par St JEAN CHRYSOSTOME : la prière est pour les maladies des âmes un remède souverain

Sans l'assistance divine, aucun bien n'entrerait dans nos âmes. Dieu, par son assistance, partage nos peines et les allège singulièrement, lorsqu'Il voit que nous aimons la prière, que nous l'implorons assidûment, et que nous espérons obtenir par cette voie toute sorte de biens. Quand je vois une âme qui n’aime pas la prière et qui n'a pas pour elle une affection vive et ardente, c'est une preuve pour moi qu’il n’y a rien de grand dans cette âme. Quand je vois, au contraire, une âme qui ne se rassasie jamais d’honorer Dieu et qui met au nombre de ses plus grands malheurs celui de ne pouvoir prier sans cesse, je découvre dans cette âme le culte solide de toutes les vertus et le temple même de Dieu. 

Si, d’après le sage Salomon, le vêtement d’un homme, sa démarche, son sourire publient ce qu’il est, à plus forte raison les prières et la piété seront-elles un indice d’une parfaite justice : vêtements spirituels et divins, elles répandent sur nos âmes la grâce et la beauté, elles ordonnent la vie de chacun de nous, ne permettent pas qu'aucun sentiment de malice ou de folie règne dans notre coeur; elles nous pénètrent de respect pour Dieu et pour les honneurs qu'Il nous dispense, nous instruisent à repousser toutes les illusions de l'esprit pervers, à mettre en fuite les pensées indignes et honteuses, et nous inspirent à tous le mépris de la volupté. 

C'est le seul orgueil qui convienne aux serviteurs du Christ de se refuser à servir l'ignominie, et de maintenir leur âme dans la pureté et dans la liberté. Du reste, tout le monde comprend aisément, j'aime à le croire, l'impossibilité absolue de pratiquer la vertu sans la prière, et de la pratiquer durant toute la vie. Et comment pratiquer la vertu, si l’on ne va se prosterner fréquemment aux pieds de Celui qui la dispense et qui la donne ? Comment désirer d'être chaste et  juste, si l’on n’est point heureux de s'entretenir avec Celui qui nous demande ces vertus et bien d’autres encore ? Je veux vous montrer brièvement que, fussions-nous couverts de péchés, la prière nous en purifie aussitôt. Après cela, quoi de plus noble, quoi de plus divin que la prière puisqu'elle est pour les maladies des âmes un remède souverain ? (à suivre)



mercredi 7 mai 2014

SUR LA PRIÈRE (2) par St JEAN CHRYSOSTOME : Celui qui ne prie pas Dieu… c'est un cadavre


Que vous soyez épris de la virginité, que vous ayez préféré une union chaste et honorable, qu'il vous faille dompter le ressentiment, pratiquer la douceur, repousser l’envie, ou pratiquer toute autre vertu, si la prière vous guide et vous aplanit le chemin, vous fournirez aisément et promptement la carrière de la piété. Il ne pourrait se faire, non, il ne pourrait se faire que l’on demandât à Dieu la chasteté, la justice, la douceur, la bonté, et qu’on ne fût pas exaucé.  

"Demandez, disait le Sauveur, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverz; frappez, et l'on vous ouvrira ; car quiconque demande reçoit, quiconque cherche trouve. et  l'on ouvre à celui qui frappe. - Qui d'entre vous, disait-Il ailleurs, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre:s'il lui demande un poisson, est-ce qu'il lui donnera un  serpent ? Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez  donner à vos enfants des choses salutaires, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demanderont ! " (Mat IX, 7; Luc. XI. 11-13)

 C’est par ce langage, c'est par ces espérances que le Seigneur de toutes choses nous invitait à prier. À nous donc d’obéir à Dieu, de passer notre vie dans 1a prière et dans les hymnes, et de nous attacher plus étroitement au culte de Dieu qu'à notre propre vie. De cette manière nous vivrons comme il convient à des hommes de le faire. Celui qui ne prie pas Dieu, et qui ne désire pas jouir sans cesse de ces entretiens, c'est un cadavre, qui n’a ni âme, ni sentiment. L’un des signes les plus frappants de stupidité, c’est en effet de ne pas comprendre la grandeur de cette dignité, de ne pas chérir la prière et de ne pas regarder comme la mort de l'âme, l'indifférence à rendre à Dieu nos hommages. De même que notre corps, séparé de 1’âme, n'est que cadavre et pourriture ; de même notre coeur  lorsqu'il ne s’adonne pas à la prière n’est qu'un cadavre misérable et infect.   Que la privation de la prière doive être estimée plus amère que la mort, le grand prophète Daniel nous l’a clairement enseigné, lui qui aima mieux mourir que de passer trois jours sans prier (Dan. VI,10). Ce n’était pas par impiété que le roi des Perses lui avait imposé cet ordre, mais uniquement pour avoir trois jours entiers à lui. (à suivre)

vendredi 2 mai 2014

SUR LA PRIÈRE (1) par St JEAN CHRYSOSTOME

Deux raisons nous incitent à admirer et de plus à estimer bienheureux les serviteurs de Dieu : premièrement parce qu'ils ont mis toute leurs espérances de salut dans la sainteté de la prière, en second  lieu parce qu'ils ont conservé par écrit les hymnes et les prières qu'ils offraient à Dieu avec joie et tremblement, et qu'ils nous ont transmis leur trésor, afin d'inspirer le même zèle à toute la postérité. Il convient en effet que les moeurs  des maîtres passent aux disciples ; il convient que les auditeurs des prophètes deviennent les imitateurs de leur justice, de manière à ce que nous consacrions notre vie à prier, à honorer et à servir Dieu, faisant consister à le prier avec une âme innocente et pure, notre vie, nos richesses, et le comble du bonheur.

Ce que la lumière du soleil est pour le corps, la prière l'est pour l'âme, si c'est un malheur pour un aveugle de ne pas voir le soleil, quel malheur ne sera-ce pas pour le chrétien de ne pas prier sans cesse, et de ne pas attirer par sa prière la lumière du Christ dans son âme ?

Et cependant qui ne considèrerait avec saisissement  et stupeur la charité que Dieu nous témoigne et l'honneur qu'Il fait aux homme de les admettre à le prier et à converser avec Lui? Car c'est vraiment avec Lui que nous parlons au temps de la prière, laquelle en outre nous réunit aux anges et nous élève bien au-dessus de la condition des brutes. La prière, c’est l'acte des anges; elle surpasse même leur dignité, puisque la dignité angélique est inférieure à la dignité de l'entretien avec Dieu. Cette infériorité, du reste, ils nous l'apprennent par la crainte profonde avec laquelle ils offrent leurs prières; nous instruisant nous-mêmes, lorsque nous aurons à nous approcher de Dieu, à le faire avec crainte et avec joie; avec crainte, car nous pourrions être indignes de la prière; avec joie, car nous devons en être remplis par l'honneur incomparable qui nous est accordé, une race mortelle étant admise à une faveur si haute que de s'entretenir  continuellement avec Dieu, et de s'élever par là au-dessus de la corruption et de la mort. Mortels par notre nature, par la familiarité avec Dieu, nous nous rapprochons d'une condition immortelle. 
Aussi, quiconque s'entretient fréquemment avec Dieu, devient certainement plus fort que la mort et que la corruption. De même que nous n’avons rien de commun avec les ténèbres lorsque nous sommes éclairés par les rayons du soleil, de même, celui qui jouit de la familiarité de Dieu doit être nécessairement supérieur a la mort. L'honneur éclatant dont nous sommes gratifiés, nous conduit lui-même à l'immortalité. Si les personnes qui possèdent la considération de l'Empereur ne peuvent tomber dans l'indigence, à plus forte raison est-il impossible que les âmes qui s'entretiennent et qui conversent avec Dieu, soient soumises à la mort. La mort pour l'âme, c’est l'impiété et une vie de prévarications : par conséquent, la vie pour l'âme consistera dans le service de Dieu et dans une conduite en rapport avec ce service. Or la prière sanctifie notre vie, la rend digne du culte de Dieu, et amasse dans nos âmes d'admirables  trésors. (à suivre)

mardi 15 avril 2014

De nos âmes pures… ψυχαις καθαραις


De nos âmes pures et des lèvres non souillées
venez et magnifions la Toute Immaculée,
la Toute Pure Mère de l'Emmanuel, 
et par elle à son enfant
présentons aussi notre prière, 
de nos âmes aie pitié,
Ô Christ notre Dieu et sauve-nous tous !


(prière de l'orthros du Grand Mercredi)



L'ingrat, le malin, le jaloux
calcule le prix du présent digne de Dieu
qui acquitte la dette des péchés
Judas le rusé marchande la grâce de l'amour de Dieu
Epargne nos âmes, Christ, Dieu, et sauve nous tous
Il alla dire aux disciples iniques 
Que me donnerez vous et je vous livrerai Celui que vous cherchez ? 
Judas échangea pour de l'or l'amitié du Christ
Epargne nos âmes, Christ, Dieu, et sauve nous tous.  
Ô l'amour aveugle de l'argent, implacable Judas
Tu as oublié comme tu l'as appris 
que devant Dieu le monde n'est rien 
Traître, tu t'es pendu de désespoir 
Epargne nos âmes, Christ, Dieu, et sauve nous tous.

De nos âmes pures et des lèvres non souillées
venez et magnifions la Toute Immaculée,
la Toute Pure Mère de l'Emmanuel, 
et par elle à son enfant
présentons aussi notre prière, 
de nos âmes aie pitié,
Ô Christ notre Dieu et sauve-nous tous !

mardi 8 avril 2014

Pr!ère lue et prière personnelle par l'Ancien Ephraim de Katounakia

"La meilleure prière est celle que vous dites avec vos propres mots. La prière lue n'est pas suffisante. Par exemple, avant de recevoir la Sainte Communion, nous lisons l'office de préparation à la sainte communion : «Mes lèvres sont souillées, mon coeur impur, ma langue profanée et mon âme maculée...», parfois même sans comprendre les mots. Vous devez aussi prier avec vos propres mots. Ensuite, vous allez comprendre ce que vous dites à Dieu quand vous lisez les prières des offices. Cette prière a vraiment alors un grand pouvoir, une grande puissance. "