mercredi 10 novembre 2010

De la psalmodie à la prière pure par Geronda Placide Deseille

Geronda Placide Deseille
a fait une traduction incontournable des Psaumes qui est une merveille de spiritualité, de fidélité à la Tradition et de langue française. C'est La version de référence. Mais en outre, l'avantage de cette version est qu'elle contient une introduction savante de Père Placide aux Saintes Écritures comme à l'usage de celles-ci qui est un guide sûr pour un chrétien orthodoxe soucieux de suivre la Tradition de l'Église et de progresser dans la prière.
Voici un extrait de cette introduction de ce psautier qu'il vous faut absolument acquérir si vous ne l'avez déjà.

"Les Psaumes et la la prière monologique

Au sein de l'Orthodoxie, des traditions spirituelles diverses pour­ront mettre l'accent tantôt sur la psalmodie, tantôt sur la prière monologi­que, dont la Prière de Jésus est devenue peu à peu la formule privilé­giée. Sans préjudice de cette légitime diversité, le conseil de saint Jean de Gaza demeurera la règle d'or en la matière: «Est-il bon de s'adonner au « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi », ou bien vaut-il mieux dire par cœur des passages de la Sainte Ecriture et réciter des Psaumes? - Il faut faire les deux, un peu de l'un et un peu de l'autre. Car il est écrit : « Il fallait faire ceci sans omettre cela». (Mt, 23,23).

Les Psaumes et la théoria

De par son caractère discursif, la psalmodie ressortit à la praxis, à la phase active de la vie spirituelle. «Nous qui sommes imparfaits, dit saint Jean Climaque, nous avons besoin non seulement de la qualité, mais de l'abondance quantitative des mots pour notre prière; en effet, cette dernière procure la première. Il est dit en effet : Il donne une prière pure à celui qui prie assidûment, même si sa prière est entachée de divagations et pénible.» C'est cette prière persévérante, dont la qualité viendra seu­lement de l'effort incessant, sans cesse mis en échec et sans cesse repris, que nous faisons pour être attentifs aux mots que nous prononçons, pour y « enfermer notre pensée », qui nous acheminera, s'il plaît à Dieu, vers la «prière véritable» que l'Esprit-Saint lui-même fait sourdre dans nos cœurs. Alors - mais alors seulement - vaudra le conseil de saint Grégoire le Sinaïte: « Quand tu vois la prière opérer et s'exercer dans ton cœur sans s'arrêter, ne l'arrête pas ni ne te lève pour psalmodier, à moins que, par une disposition divine, elle ne te quitte la première. Car ce serait quitter Dieu au dedans pour lui parler au dehors et se détourner des hauteurs vers la terre ...» "

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