vendredi 13 décembre 2013

De la prière orale récitée avec attention à la prière intérieure


"Dans la prière orale, nous devons essayer le plus possible de garder notre esprit centré sur les mots de la prière, en récitant sans hâte et concentrant toute notre attention sur la signification des mots. Quand l'esprit devient distrait par des pensées étrangères, nous devons le ramener sans se décourager aux mots de la prière. Se libérer de la distraction n'est pas donné à l'esprit rapidement, ni quand nous le souhaitons. Cela vient quand nous nous sommes d'abord humiliés nous-mêmes, et quand Dieu choisit d'accorder cette bénédiction pour nous. Ce don divin ne dépend pas de la longueur du temps que nous consacrons à la prière ni du nombre de prières que nous récitons. Ce qui est nécessaire c’est un cœur humble, la grâce du Christ, et des efforts constants. De la prière orale récitée avec attention nous passons à la prière intérieure ou mentale. Ceci est appelé ainsi parce que dans une telle prière notre esprit est emporté vers Dieu et il ne voit que Lui."
Moine du Grand Habit Agapit de Valaam

mercredi 27 novembre 2013

La force de notre prière... et ce que veut vraiment Dieu pour nous


Quand j'étais à Boston, j'ai entendu parler d'une femme qui vivait dans le même monastère de la Nativité où je séjournais en tant qu'invitée. 
C’était une veuve grecque qui avait eu un fils et comme c’était son seul enfant, elle lui était très dévouée. C’était un très gentil garçon, mais faible de caractère et facilement influençable par ses compagnons en bien comme en mal. À l'âge de 12 ans, il a eu un cancer du foie, qui était si avancé que les médecins, désespérant de le sauver, l’ont renvoyé chez lui pour y mourir. 
Un jour, sa respiration est devenue de plus en plus lente, et sa mère a senti qu'il allait mourir. Elle s'est alors approchée de la fenêtre et a levé un poing rageur vers le ciel en disant: « Si vous osez le laisser mourir ... » Puis elle est revenue vers le lit de son fils s'attendant à le voir mourir... mais à sa grande surprise, elle a remarqué que sa respiration devenait progressivement plus aisée. Au fil des jours, à la surprise de tout le monde, le garçon a non seulement survécu, mais son foie n’a plus montré aucune trace de cancer. C'était donc un miracle, et les journaux ont rapporté l'histoire.

 La veuve était ravie, mais malgré tout, au fond de son âme, elle se demandait comment Dieu avait eu peur d'elle au point de permettre à son fils de vivre. Mais elle a repoussé ces pensées de son esprit et s’est réjouie… dans un premier temps. 

Quelques années plus tard cependant, quand le garçon avait 15 ans, elle a remarqué que de l'argent  disparaissait de son sac  de même des objets disparaissaient mystérieusement de sa maison. Quand elle a interrogé son garçon, il s’est montré désagréable et a nié toute responsabilité dans cette affaire. Cependant il devenait chaque jour de plus en plus difficile à vivre. Il fréquentait un groupe de mauvais garçons, et son amour pour sa mère semblait avoir disparu. Et même, au lieu de cela, il avait du ressentiment envers elle jusqu’au point de sembler la détester. À partir de ce moment il ne s’est pas passé une seule nuit sans que la mère ne reste éveillée dans son lit à se faire du souci pour son fils. Ce fut à un point tel qu’une nuit, elle en est venue à regretter que son fils ne soit pas mort et qu’elle l’a dit à haute voix. Cependant dès qu'elle a dit cela, elle s’est souvenue comment elle avait osé menacer Dieu avec son poing levé, et elle a commencé à sangloter de désespoir. 

Quelques semaines plus tard, on annoncé aux actualités télévisées qu'une vieille femme avait été battue à mort à son domicile par un groupe de jeunes. Son cœur est devenu lourd car elle a eu immédiatement le pressentiment que son fils s’était trouvé parmi eux. Ensuite, on a frappé à sa porte, elle est allée ouvrir : c’était un policier et il lui a demandé où était son fils. Elle a dit qu'elle ne savait pas. Le policier lui a dit qu'il était soupçonné d'être un membre de la bande. Les heures ont passé dans la torture de l'incertitude, et enfin la police est venue à nouveau, cette fois pour lui confirmer que son fils faisait bien partie de la bande de voyous meurtriers, que lui et les autres avaient été pris en chasse par la police, et qu'en sautant d'un mur il s'était brisé le cou et qu’il en était mort. 

Sa mère vit maintenant le reste de sa vie dans le repentir de son blasphème et dans les larmes pour son fils. Elle dit à tous ceux qu'elles rencontre : « Dieu a aimé mon fils bien plus que moi, et il était dans l'intérêt du salut de son âme de lui permettre de mourir à l'âge de 12 ans avant de devenir corrompu. J’ai douté de la bonté, de l'amour et de la sagesse de Dieu. J'ai défié Dieu, et pour le bien du salut de mon âme Il m'a accordé mon souhait pour prouver que son amour était plus grand que le mien. Le sort de mon fils dépend maintenant des larmes de ma contrition. Peut-être s’est-il repenti à la dernière minute et a-t-il supplié Dieu de lui accorder sa miséricorde. Je ne saurai jamais s'il ne s’était pas trop endurci pour cela. Je ne peux que supplier Dieu d'avoir pitié de nos âmes "
Olga Giel. February, 1993. East House, Beech Hill, Mayford, Woking, Surrey
(Version française par Maxime le minime de la source

dimanche 17 novembre 2013

150 indications thérapeutiques du Psautier


Notre frère Claude avait fait paraître un petit livret contenant les Psaumes Thérapeutiques de saint Arsène de Cappadoce donné par Père Païssios et puis, cette édition épuisée, il les avait adjoints à son livre LE SECOURS DES SAINTS, Dictionnaire des intercessions des saints orthodoxes, aux Editions Xénia. Et voilà maintenant qu'il nous en fait généreusement don sur son blog.

En voici quelques extraits, vous trouverez les autres sur son blog  avec une Petite Biographie de Saint Arsène de Cappadoce

Psaume 1 Quand on plante les arbres ou la vigne, pour qu'ils donnent des fruits.

Psaume 2 Afin que Dieu éclaire ceux qui se rendent aux audiences.

Psaume 3 Pour que s'éloigne la méchanceté des hommes afin qu'ils ne torturent pas et n'affligent pas injustement leurs semblables.

Psaume 4 Afin que Dieu guérisse les hommes sensibles qui sont devenus malades de mélancolie à cause de la conduite des hommes au cœur dur.

Psaume 5 Afin que Dieu guérisse les yeux qui sont blessés, frappés par des hommes méchants.

Psaume 6 Afin que Dieu délivre les hommes ensorcelés.

Psaume 7 Pour ceux qui sont tombés malades de peur à cause des craintes et des menaces d'hommes méchants.

Psaume 8 Pour ceux qui ont souffert du mal des démons et des hommes pleins de malignité.

mardi 12 novembre 2013

En quête d'un guérisseur spirituel



 "O Seigneur, qui ne désires pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive, Toi qui es venu sur terre afin de redonner vie à ceux qui gisent dans la mort par le péché, et afin de les rendre dignes de Te voir, Toi la vraie Lumière, autant qu'il est possible à l'homme, envoie-moi un homme qui Te connaît, afin qu'en le servant et en me soumettant à lui de toutes mes forces, comme à Toi, et en faisant ta volonté dans la sienne, je puisse Te plaire Toi le seul vrai Dieu, et que même moi un pécheur, je puisse être digne de ton Royaume ".
St. Syméon le Nouveau Theologien

dimanche 3 novembre 2013

La vraie prière est au delà des mots,

Photo by Sergey Maykovskiy, photosight.ru.

S'adresser au Créateur avec des mots est ce qui est communément connu comme étant la prière. Cependant, il est important de comprendre que la vraie prière est au delà des mots, puisque, finalement, Dieu ne veut pas communier avec nous au niveau du langage. Comme saint Théophane le Reclus l’enseigne, les mots ne sont utilisés qu’en tant qu’aide pour soutenir et approfondir la vraie prière qui doit se produire au niveau de l'esprit.

Quand nous prions dans nos propres mots, il n’est pas bon de faire de longs discours, soigneusement construits, ce qui ne nous implique que dans nos esprits logiques et donc nous amène à rester au niveau de l'âme inférieure. Dieu n'a pas besoin de ces discours, car Il voit notre esprit et sait tout. Nos prières doivent surgir spontanément de notre cœur."Car c'est de l'abondance du cœur, dit le Christ, que la bouche parle."
(Version française par Maxime le minime d'un extrait du livre du Hiéromoine Damascène, Christ The Eternal Tao )

jeudi 17 octobre 2013

La fatigue pendant la prière par Théophane de Poltava

Théophane de Poltava
En ce qui concerne la fatigue pendant la prière et l'utilité d'une epitimia Vous demandez : 
– Que dois- je faire pour qu’une fatigue extrême n'affecte pas ma concentration pendant la prière ?
–  Comme vous ne précisez pas si vous vous posez la question au sujet de la prière personnelle ou commune, je vais répondre en ce qui concerne les deux à la fois . Quand la fatigue commence à vous dépasser au cours d'un office religieux, vous devriez mentalement réciter la prière de Jésus. Cela vous aidera à vous concentrer dans la prière. Si vous vous sentez fatigué pendant la prière à la maison, alors vous devriez vous forcer un peu. Si la fatigue disparaît, c’est que c'était une tentation du Malin. Si elle demeure, alors vous pouvez raccourcir la prière, il est préférable dans ce cas de prier un peu moins, mais avec attention et ferveur. 
– En confession Père V. m'a dit de faire quelques métanies quand je m'aperçois que je suis en train de pécher ou que je ne suis pas attentive. Je voulais vous poser la question  à ce sujet auparavant et maintenant vous demander votre consigne. 
– C’est une  bonne occasion de donner une compréhension correcte de la question. Une epitimia n'est pas une punition pour un délit au sens légaliste du terme. C’est une méthode spirituelle de guérison, ayant pour objet la délivrance d'une personne d'une maladie spirituelle.


De la traduction du Notre Père

La prière du Seigneur en Araméen
"La version dite « œcuménique » du Notre Père a suscité de nombreux débats et de nombreuses interrogations. Cette traduction est aujourd’hui largement remise en question. De nombreux travaux, notamment du père catholique Jean Carmignac, et l’ouvrage récent de Jean-Marie Gourvil, permettent d’approfondir cette question. Sur celle-ci, Jean-François Colosimo a publié dans Le Monde des religions (n°8, novembre-décembre 2004) le texte que nous vous proposons ci-dessous avec son accord.

La prière la plus récitée de l’histoire est aussi la plus méconnue au monde. Car la plus mal lue, en raison de détournements qui outrepassent  les querelles d’interprétation. Ce n’est pas, en effet, que les traductions courantes du « Notre Père » soient fautives, abusives, discutables. C’est qu’elles  sont imaginaires. Elles s’instituent contre la littéralité  du grec pour y substituer  un texte inexistant.

Ainsi de  la version française usuelle, dite « œcuménique ». Les mots de la koinè s’y effacent derrière la naturalisation des sédimentations exégétiques et théologiques  qui finissent par en interdire l’accès. Il y a d’abord les approximations qui brouillent le caractère performatif de l’invocation initiale. Le « Père », revendiqué « notre », est  non pas « aux cieux », mais « du Ciel ». Il ne s’agit pas de le localiser mais de le proclamer origine absolue en reconnaissant qu’il n’est qu’une paternité, la sienne, exclusive. Le règne n’est pas un « à venir », mais un « déjà là », et il n’y a pas souhait mais constat de sa présence. Le « nom » est plutôt à « glorifier » qu’à « sanctifier » car il relève  de cette immédiateté du Royaume dont la manifestation même réalise  la volonté  divine pour l’entière création – « sur la terre et aux cieux ». Eschatologique, cette première période, restituée à son unité intrinsèque, écarte donc le biais cosmologique, sapiental, providentialiste que lui imprime la version « œcuménique ».

Mais c’est dans la seconde période que les approximations tournent  à l’invention. Le « pain », en rien  « quotidien », est au contraire celui « du futur », nécessaire ici et maintenant à  survivre seulement pour que se découvre la nécessité de la vie qui passe la survie ; aussi faut-il le dire « essentiel ». Quant au « pardon » et aux « offenses », ils relèvent du pur fantasme puisqu’il n’en est fait aucunement mention. Il est  question, en revanche, de « dettes » et de « remise de dettes ». L’orientation est encore eschatologique : l’état terrestre n’est  pas état de subsistance mais de transition et, pour nous y  projeter, nous réclamons à Dieu de pouvoir nous juger nous-mêmes à l’aune du Royaume. Loin d’une quelconque loi de compensation à laquelle renvoient les torsions juridiques, moralisatrices, psychologisantes de la version « œcuménique », c’est la souveraineté de la liberté qui est ici affirmée.

Enfin, dans la troisième période, la formule « ne  nous soumet pas à la tentation », variation sur l’antique « ne  nous laisse pas succomber » ,  paraîtrait   blasphématoire, si elle n’était tout simplement fausse.  Il y va, à l’inverse,  de la certitude que dans l’épreuve, factuelle, inévitable, peut être souhaitable, la seule vraie menace tiendrait à l’excès, l’impossibilité de l’endurer par soi hors du secours divin –« nous ne pouvons  entrer seuls dans ce que nous pouvons traverser mais qui est aussi ce par quoi nous ne voulons pas être traversés ». Car c’est du « Malin », l’adversaire « meurtrier depuis le commencement » dit ailleurs Jésus, et non pas du « Mal » abstrait de l’éthique, que nous demandons à être « délivrés ». Cette délivrance, apocalyptique, achevant en plénitude l’éternel présent du Royaume.

Comment dès lors rendre en français un « Notre Père » qui soit le moins menteur possible?  Parmi d’autres, le philosophe Pierre Boutang et le théologien Nicolas Lossky s’y sont essayés. En leur empruntant à tous deux, voici ma propre esquisse : « Notre père du ciel, que ton nom soit glorifié, que ton règne advienne, que soit faite ta volonté –sur la terre comme aux cieux ! Donne-nous ce jour notre pain essentiel ; remets nos dettes comme aussi nous remettons à nos débiteurs ; et ne nous laisse pas persévérer dans l’épreuve, mais délivre-nous du Malin »
Jean-François Colosimo (source)

En toute humilité je proposerai ces variantes par rapport aux commentaires pertinents et au texte proposé par Jean-François Colosimo :
Au lieu de :
  • "Donne-nous ce jour notre pain essentiel > Donne-nous chaque jour notre pain suressentiel
  •  remets nos dettes comme aussi nous remettons à nos débiteurs >Remets-nous nos dettes comme nous les avons remises à nos débiteurs
  •  et ne nous laisse pas persévérer dans l’épreuve > Et ne nous abandonne pas dans la tentation.
Voir tout de même les très nombreuses traductions en français au long des siècles ICI dans ce blog même.