dimanche 8 mai 2011

Courtes prières, convictions simples et foi forte dans l'Orthodoxie


Notre prière orthodoxe,  dans nos offices comme dans notre prière privée, se nourrit des textes mêmes de la Bible, elle y puise ses mots, son inspiration, sa vie même, ceci à travers une tradition toujours maintenue et vivante. 
Le paradoxe de notre bien aimée Orthodoxie est d'avoir des offices longs et complexes dans leur composition, à la poétique et à la rhétorique sophistiquées et d'offrir en même temps des  prières simples avec une seule parole, comme Kyrie Eleïson ! Κύριε έλέησον , Господи помилуи, Seigneur Miséricorde !

Ce n'est pas pour autant que l'on puisse considérer nos prières monologiques comme des mantras car notre posture par rapport au divin n'est pas celle de la recherche d'une dissolution d'un moi illusoire, produit de notre mental ignorant, par la répétition d'une formule hypnotique. 

Notre posture se situe plutôt dans la tension que nous maintenons du sentiment de responsabilité personnelle par rapport au cosmos et au monde invisible  et donc de notre capacité de nuisance toujours possible  posture que nous maintenons le plus possible à chaque moment de notre vie jusqu'au moment de notre mort  tout en nous abandonnant à la miséricorde inépuisable d'un Dieu paternel qui aime tous ceux qui se repentent, dans la certitude de notre possibilité de salut, donc de libération et de réalisation de notre nature profonde, créés que nous avons été "à l'image et à la ressemblance". Là aussi il y a paradoxe puisqu'à la fois nous maintenons une tension en un certain lieu tout en nous abandonnant partout ailleurs, de même que nous n'oublions jamais que nous sommes pécheurs tout en ayant une foi ferme en notre salut.

Ainsi, dans la douleur sous-jacente de la conscience de notre péché toujours misérablement renouvelé, nous n'en sommes pas moins dans la joie du Royaume du Salut et de la Résurrection et tout pécheurs que nous sommes, nous savons que nous pouvons compter sur  l'intercession de pécheurs notables qui nous ont précédé avant d'entrer dans le Royaume :

- l'intercession, le soutien et l'exemple de Saint Thomas qui après avoir douté - et donc perdu la foi - a touché les plaies de notre Seigneur (le veinard !) pour s'exclamer enfin en retrouvant le Salut vivant : "Mon Seigneur et mon Dieu" phrase qui vaut à elle seule tous les offices !

- l'intercession du Bon Larron qui, avec une seule prière, au dernier instant, après une vie de colère, de révolte et de crime, avant de mourir crucifié comme son Seigneur a  crié vers son Seigneur : "Souviens-Toi, de moi, Seigneur, dans ton Royaume" a été sauvé...

- l'intercession de l'Apôtre Paul qui a dépensé tant d'énergie et mis tant de passion à essayer de "persécuter" le Corps du Christ avant d'y adhérer avec la même énergie, la même passion jusqu’à la mort, au point que la foi chrétienne ne serait pas ce qu'elle est sans lui.

- l'intercession des traîtres, des renégats comme Saint Pierre qui ont rejeté l'Agneau, l'innocentissime, le purissime Agneau, ont reçu le pardon prévu de tout éternité par le Tout miséricordieux.

- l'intercession de la pécheresse qui déposa toute sa sensualité aux pieds du Seigneur, en la détournant de sa destination initiale pour l'orienter avec tout son corps même, humblement    la partie la plus élevée de son corps vénérant la partie la plus basse de son Seigneur, pour lui consacrer toute son adoration. Pécheresse devenue notre modèle pour rendre avec toute la beauté et la noblesse dont nous, simples mortels imparfaits et éphémères, sommes capables,  un culte digne de ce nom à Notre Dieu.

- l'intercession de tous les pécheurs de l'Evangile, nos frères fortunés qui ont connu le Chemin, la Vérité et la Vie en personne.

Juste quelques convictions...

Seulement cela : même le plus grand des pécheurs est aimé de son Créateur miséricordieux, je l'ai expérimenté, je le sais c'est tout. Pas beaucoup plus à dire...


Une petite anecdote :

Un jour, alors que je sortais d'un cours de grec, à Pigalle (sic!), je suis allé boire un verre avec quelques autres élèves du cours parmi lesquels un dessinateur de dessins animés dont l'amie était grecque. Je lui ai dit que j'étais orthodoxe. Cette jeune femme était grecque, orthodoxe, et pleine de vie. Et elle m'a répondu avec un grand et beau sourire quelque chose du genre " Oh! De toute façon, nous Orthodoxes, nous savons que nous sommes sauvés !" A première vue on pourrait dire "Quelle vanité ! Quelle prétention ! Quel triomphalisme chez ces Orthodoxes !" Pas du tout ou alors Oui ! Cette jeune femme avait raison ! Oui, la vraie foi c'est celle-là, celle de cette jeune femme si vivante : je sais que je suis sauvé, je sais que je suis pécheur par pensée, par parole, par action jusqu'à ma mort, incurablement, mais je sais que l'Orthodoxie nourrit en moi la vraie foi, celle qui sauve, celle qui croit en l'Amour de Dieu pour le pécheur qui se repent.
Maxime le minime

jeudi 14 avril 2011

LEÇONS SUR LA PRIÈRE de notre saint Père Nil l'ascète [9] Le vain bavardage des soucis

"Tiens toi debout avec endurance, prie intensément, détourne-toi du bavardage de tes soucis et de tes réflexions ; car ils te tracassent et te troublent afin que ton attention se relâche."


(in Aux cîmes de l'intelligible éd.Axios)

dimanche 10 avril 2011

SEIGNEUR MISÉRICORDE ! traduction de KYRIE ELEISON ?



Dans un forum orthodoxe il y eut naguère un débat sur la traduction en français la plus juste et la plus judicieuse de la prière la plus courte de notre Eglise et que l'on répète le plus souvent parce qu'elle contient en un extraordinaire condensé toute notre relation à Dieu ; il en ressortait que l'expression la plus précise et en même temps la plus riche de sens était "Accorde ta grâce !" le mot grâce signifiant à la fois le don de Notre Père des Cieux de sa grâce qui pardonne à ses enfants pécheurs repentants et le don de notre généreux Créateur, son onction, sa bénédiction, qui divinise le chrétien appelé à retrouver la ressemblance à son image divine native.
Et c'est en effet au point de vue du sens bien plus satisfaisant que le simple "Aie pitié !" qui pour avoir ses vertus, n'en a pas moins eu fâcheusement tendance à restreindre l'image de Dieu à un Juge impitoyable voire sadique ou à un simple charitable bourgeois qui, sortant de son église, le dimanche matin, fait l'aumône convenue à la demande du "handicapé social"...

Mais voilà, autant cette formule est satisfaisante au point de vue théologique et même vient à bon droit dans la prière de Jésus "Seigneur Jésus Christ, [ Fils de Dieu], accorde-moi ta grâce !" se substituer à "aie pitié" autant il est difficile d'en faire une formule courte à réciter en Kyrielles rapides comme ses équivalents grec Κύριε έλέησον ou slavon  Господи помилуй, dans le chant ou la prière.
Il n'est donc pas étonnant pas que l'église latine ne l'ait guère traduit mais plutôt conservé tel quel aussi bien dans les textes liturgiques en latin qu'en langue locale sans le traduire même jusqu’à nos jours, il pourrait donc sembler qu'il ne faut définitivement pas traduire cette prière en français...

Pourtant à bien consulter différents dictionnaires, et particulièrement le Littré, on trouve à l'article miséricorde cette définition bien intéressante :

"miséricorde (latin misericordia), sf. Sentiment par lequel la misère d'autrui touche notre cœur. Au pl. Actes de miséricorde.◊ La grâce, le pardon accordé à ceux qu'on pourrait punir. Obtenir, faire miséricorde. Être, se remettre, s'abandonner à la miséricorde de quelqu'un, être, se remettre, s'abandonner à sa merci, à sa discrétion.◊ Sans miséricorde, sans faire grâce. ◊ La miséricorde de Dieu, bonté par laquelle Dieu fait grâce aux hommes, aux pécheurs. ◊ Miséricorde ! par exclamation marque une extrême surprise accompagnée d'une sorte de chagrin ou de regret. ◊ À l'aide, miséricorde ! Cri poussé quand on est battu, outragé, et qu'on demande du secours.  ◊ Crier miséricorde, crier en se plaignant des grandes douleurs qu'on souffre, ou d'une peine morale, d'une offense; et aussi éprouver une grande surprise etc. ◊ Petit poignard que les anciens chevaliers portaient de l'autre côté de l'épée et qui leur servait à tuer leur ennemi après l'avoir renversé, s'il ne criait pas miséricorde.◊ Support en forme de cul de lampe pratiqué dans une stalle d'église, au-dessous du siège et qui se relève avec lui. ◊ T. de marAncre de miséricorde, la maîtresse ancre, celle que l'on jette dans les dangers extrêmes. ◊ Prov. À tout péché miséricorde, il faut pardonner les fautes, quelque graves qu'elles puissent être."

Alors voilà, tout y est ! 
C'est réjouissant à deux points de vue : d'abord l'on peut constater que la langue française est pétrie de christianisme, n'en déplaise aux acharnés ennemis de notre culture et ensuite il semble que ceux qui ont choisi cette traduction - on la voit d'ailleurs quelquefois dans des versions françaises des textes liturgiques orthodoxes - ont trouvé la formule adéquate. C'est finalement assez facile à réciter rapidement, bien qu'il y ait beaucoup de r dans la formule, la prononciation du  [r] est malgré tout assez douce en français :

Seigneur miséricorde !

Seigneur miséricorde ! Seigneur miséricorde ! Seigneur miséricorde ! 
voir également l'article sur le Kyrie eleison

vendredi 18 mars 2011

La prière est le test de tout...


«La prière est le test de tout, la prière est aussi la source de tout, la prière est la force motrice de tout, la prière est aussi la directrice de tout Si la prière est juste, tout est juste. Car la prière ne permet à rien d’aller de travers...»  Saint Théophane le Reclus


La définition de base la plus populaire de la prière, c'est sans doute que c'est une conversation avec Dieu. Bien que cela soit vrai pour l'essentiel, le christianisme orthodoxe regarde la prière comme quelque chose de plus profond qu’une "conversation".

La prière est comprise comme une rencontre intime avec Dieu. Quand nous prions, nous rencontrons Dieu dans nos cœurs, dans le sanctuaire de toutes nos pensées, motivations, rêves, émotions et préoccupations. C'est un lieu où nous ne pouvons partager notre moi intérieur avec aucune autre personne humaine aussi complètement que nous pouvons le faire avec le Seigneur.

Entrer dans ce lieu très personnel et intime avec Dieu, plein de foi et d'amour, c'est sentir sa présence dans nos vies de la manière la plus profonde et la plus vivifiante. Dans ce lieu dans nos cœurs, nous ne percevons plus Dieu comme étant "là en dehors", tourné vers nous. Au contraire, nous sentons sa présence en nous, exaltant nos cœurs, guidant nos actions, éclairant nos esprits.

Notre foi chrétienne orthodoxe nous enseigne que la prière est la chose la plus naturelle qu'une personne puisse faire, c'est ce pour quoi nous sommes créés. Au Paradis, Adam et Dieu conversaient souvent. C'est seulement après la chute que nous nous sommes cachés de Dieu et avons choisi de ne pas parler ouvertement avec lui.

Les êtres humains ont été faits pour la prière, non parce que Dieu a besoin que nous le priions, mais parce que nous avons besoin de communiquer avec Celui qui nous a faits, nous a sauvés du péché et la mort, et répand Sa grâce sanctifiante sur nous. Sans la prière, il n'y a pas de vie, pas dans son sens le plus complet. En tant que personnes humaines, nous sommes créés pour la prière comme nous sommes créés pour respirer ou pour penser. La prière fait partie de notre nature unique; de toutes les créatures de Dieu, seuls les êtres humains sont capables de percevoir et d'interagir avec les réalités visibles (physiques) et invisibles (spirituelles).

La prière est si importante dans notre vie que saint Grégoire le Théologien nous enseigne «Souvenez-vous de Dieu plus souvent que vous respirez». Dans un premier temps, cette tâche peut sembler ardue, voire impossible. En vérité, nous constatons que souvent le plus grand obstacle au développement de notre vie de prière en est notre manque de confiance en nous-mêmes, et dans ce que Dieu peut faire pour et avec nous.

Souvent, nous ne nous prenons pas assez nous-mêmes au sérieux quand il s'agit de la prière. Nous pensons que c'est seulement l’affaire des "spécialistes" de se livrer à la prière – les membres du clergé, les moines, les moniales. Nous pensons que si nous avons besoin de lutter avec notre vie de prière c’est que nous ne devons pas "bien faire les choses". En vérité, ce n'est que lorsque nous nous débattons avec la prière que nous l'abordons d'une manière saine.

Mais même si la prière est - ou du moins devrait être - une partie naturelle de notre constitution humaine, la prière est une discipline, c’est un exercice spirituel. Une analogie couramment utilisée par les Saints, c'est que la prière est comme un feu. Au départ, elle commence seulement comme une petite étincelle dans notre âme; à la fin cependant, si nous attisons les flammes avec un effort constant pour prier, cette étincelle grandit pour devenir flammes spirituelles - ces flammes sont le buisson ardent dans nos âmes, où, comme Moïse, nous parlons avec Dieu.

Pour nourrir le feu de la prière dans notre âme, nous devons nous travailler selon un cadre régulier - ou "règle" - de prière. Comme un feu, si notre vie de prière est laissée à l'abandon, elle s’évanouit et de refroidit. Plus nous prions, plus notre vie de prière devient pleine de sens et nourrissante, et plus nous avons le désir d’entrer dans la prière.

Nos manières de prier

Dans la spiritualité orthodoxe, nous reconnaissons deux types de base de prière: les offices liturgiques et la prière personnelle. Dans notre Eglise ces deux types de prière sont compris comme allant ensemble - ils sont effectués par les croyants comme un seul corps, le corps du Christ.

La prière liturgique est évidemment communautaire. Un groupe de frères et de sœurs dans la foi se réunissent en un même lieu pour offrir des hymnes et des prières à Dieu. Mais même lorsque nous prions en privé, nous ne prions pas seul. Au contraire, nous joignons notre voix à celle d'innombrables autres chrétiens orthodoxes du monde entier qui élèvent leur cœur vers Dieu dans la prière au même moment. Le christianisme est toujours vécu comme une vie de groupe, jamais comme celle d’un individu isolé.

Liturgie et prière privée sont interdépendantes. Pour nous la prière individuelle ne suffit pas, parce que chaque être humain a un besoin inné de communauté, un besoin d'appartenance. Notre culte liturgique nous donne également l'ordre et la structure dont nous avons besoin pour la stabilité dans notre vie spirituelle.

En même temps, notre prière liturgique n’est vraiment vivante et vivifiante que lorsque les personnes présentes aussi bien sont des "gens de prière" en dehors des offices. Notre foi n'est pas pour "le dimanche seulement" et donc notre vie de prière ne doit pas non plus être seulement le dimanche. Chaque type de prière, liturgique et personnelle, complète et amplifie l’autre.


Dans la prière personnelle et le culte ensemble, la structure est importante. Les offices de l’église ont une structure composée de parties fixes et d’autres variables. Bien que notre prière personnelle puisse être beaucoup plus simple et davantage "personnalisée" que les offices, nous la structurons cependant comme une partie de notre vie quotidienne. Dans notre vie de prière personnelle, nous avons besoin de développer une habitude de prier régulièrement à certains moments de la journée. Cette habitude de la prière régulière est appelée une "règle de prière."

Les sources chrétiennes antiques prescrivent aux chrétiens de prier trois fois par jour : le matin, à la mi-journée et en soirée. De cette façon, nous conservons Dieu dans nos esprits et dans nos cœurs tout au long de la journée - au réveil, au milieu de nos tâches quotidiennes et au moment de nous retirer pour la nuit. Cette régularité est très importante car, fondamentalement, une vie de prière est une vie vécue dans le constant souvenir de Dieu.

Les saints nous enseignent que nos prières devraient inclure les quatre éléments suivants, dans cet ordre :
1&2) La glorification et la reconnaissance : le travail premier de la prière est de glorifier Dieu et de le remercier pour Ses grandes bénédictions, qu’elles soient connues ou inconnues de nous ;
3) La confession des péchés : nous demandons à Dieu son pardon pour quand nous ne sommes pas à la hauteur de la vie qu'Il nous appelle à vivre ;
4) La supplication : nous demandons à Dieu d'être miséricordieux et d’exaucer nos demandes pour les autres et pour nous-mêmes.

Cette structure nous permet de rappeler que la bénédiction de Dieu ne nous est pas donnée pas parce nous l’avons méritée, mais en dépit de nos imperfections et de nos fautes. Il nous aide aussi à éviter de regarder Dieu comme un serviteur spirituel que l’on sonne à volonté et qui est là simplement pour répondre à nos demandes - demander des choses est la dernière chose que nous faisons, pas la première.

Les prières ne nécessitent pas d'être longues ou compliquées pour être efficaces. Certaines des prières les plus puissantes de l'histoire ont été des phrases de quelques mots seulement. Le larron sur la croix n'eut qu'à dire : «Souviens-Toi de moi, Seigneur, dans ton Royaume», pour entendre la promesse de Jésus, «Aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis

Lorsque vous essayez de développer une habitude de prière dans votre vie quotidienne n'oubliez pas ceci : il est de loin préférable de passer fidèlement cinq minutes chaque jour dans la dévotion privée, que de prendre la soudaine décision de faire 35 minutes de prière personnelle une fois par semaine.

dimanche 6 février 2011

LEÇONS SUR LA PRIÈRE de notre saint Père Nil l'ascète [8] Le but des larmes



"Nombreux sont ceux qui, ayant pleuré sur leurs fautes, oublieux du  but des larmes,ont été pris de folie et se sont égarés"


(in Aux cîmes de l'intelligible éd.Axios)

vendredi 21 janvier 2011

Chacun reçoit ce qu'il peut recevoir par St Maxime le Confesseur



"Celui qui, dans sa prière demande de recevoir le pain qui vient* ne reçoit pas ce pain entièrement, tel qu'il est, mais comme lui-même peut le recevoir. Car dans son amour de l'homme, le pain de la vie se donne à tous ceux qui le demandent. Cependant , il ne se donne pas de la même manière à tous. Mais il se donne davantage à ceux qui ont fait de grandes œuvres de justice, et moins à ceux qui ont fait moins. Il se donne à chacun selon ce que chacun peut recevoir selon l'état de son intelligence** ."
(Deuxième centurie, 56)

* "Τον άρτον ημών τον επιούσιον"
** noûs (νοῦς) =double faculté de penser le monde ou de contempler Dieu

mardi 11 janvier 2011

Il n'est pas nécessaire de quitter votre maison pour aimer votre prochain par St Macaire d'Optina

"Je vais vous dire quelque chose, mais ne vous méprenez pas, je ne diminue en rien la valeur de votre règle de prière quotidienne ni vos lectures des textes sacrés. Mais je vous laisse absolument libre, soit de les maintenir inchangés, soit de les modifier selon les besoins et les grâces de Dieu en vue de l'illumination. Toutefois, il ne faut pas oublier que l'amour du prochain est le premier objectif pour ceux qui luttent spirituellement.

« Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur ; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? » (I Jean 4, 20)
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Et il n'est pas nécessaire de quitter votre maison pour rencontrer votre prochain. Votre mari est votre prochain. Votre mère est votre prochain. Ainsi en est-il de vos enfants."