Nous sommes étroits d'esprit. Nous sommes habitués à une religion confortable. La seule différence : croire qu'il est possible d'être touché et transformé par le Saint-Esprit aujourd'hui. Et la prière «Κύριε Ιησού Χριστέ, ελέησόν με» vise à aider chacun à être disposé à recevoir le Saint-Esprit. Tout le reste n'est que formule.
L'homme est sauvé lorsqu'il a le Christ en lui, lorsqu'il est christifié, et non par de simples actes extérieurs. Aimer le Christ, c'est renoncer à tout, y compris à soi-même, afin de l'accueillir en soi. Et le Christ est en nous par le Saint-Esprit.
Nous ignorons cela. Quelque chose ne va pas en nous et le Saint-Esprit n'habite pas en nous. En règle générale, les chrétiens se contentent des biens matériels et ne recherchent pas les biens spirituels, le Saint-Esprit. Notre âme est devenue comme une croûte qui empêche le Saint-Esprit d'y pénétrer.
Nous avons passé notre vie à accumuler des déchets en nous. Certains étaient nécessaires, d'autres précieux, d'autres encore de simples expériences… Il nous faut donc travailler sur nous-mêmes en priant : « Κύριε Ιησού Χριστέ, ελέησόν με », jusqu'à ce que ces déchets, toutes les expériences négatives, tout ce qui ne vient pas de Dieu et qui nous rend malheureux, soient peu à peu écartés. Ainsi, progressivement, tout cela disparaît et l'étincelle de grâce reçue en nous par le baptême se révèle, tandis que nous vivons au sein de l'Église et que nous mettons toujours plus en pratique les commandements du Christ.
Cela ressemble au travail que faisaient autrefois les ménagères dans les villages : après avoir d'abord mis du petit bois dans la cheminée, où une étincelle dans les cendres la nuit ranimait la flamme, elles ajoutaient ensuite du bois, le feu grandissait et elles avaient constamment un grand feu.
Extrait du livre : Père Symeon Kragiopoulou (†), « Messages spirituels 2018 », pp. 240, 326.
