vendredi 10 octobre 2014

Les saints de Dieu entendent votre prière par St Jean de Kronstadt

Si, étant dans une réunion d'hommes, vous appelez une personne connue de vous, et qu’elle vienne à vous; si vous demandez à un ou plusieurs hommes employés par vous de faire quelque chose pour vous dans la limite de sa ou de leur capacité, et qu’ils répondent à votre demande, satisfaisant votre désir, et même répondant au-delà de votre désir, alors soyez assurés que, de même, dans l'Église de Dieu, dans cette grande maison de Dieu divisé en deux moitiés - la céleste et la terrestre - l'un des membres de l'Église dans le Ciel que vous invoquez viendra à votre aide spirituelle selon sa grâce et l'abondance de son amour . Demandez-lui de faire quelque chose pour vous qui vous rende heureux, en particulier tout ce qui concerne le Royaume et la justice de Dieu, et il le fera de par son association étroite avec Dieu, source de grâce et de puissance. Les saints de Dieu vous entendent aussi - comme, par exemple, toute la communauté vous écoute quand vous priez ou récitez la Parole - car ils sont dans le Saint-Esprit, et l'Esprit est présent partout, et remplit toutes choses. (version française de la source par Maxime le minime)

samedi 13 septembre 2014

Exaltation de la Précieuse Croix

Ami des hommes, nous nous prosternons devant l'arbre de ta Croix 
sur lui tu fus cloué, toi la Vie de tous les êtres ;
au bon Larron qui dans la foi se tourna vers toi,
Sauveur, tu as ouvert le Paradis;
et il obtint l'éternelle béatitude en te criant: 
Souviens-toi de moi, Seigneur ;
tout comme lui, reçois-nous qui te crions:
nous avons tous péché,
ne nous méprise pas, dans ton immense compassion.


Dès que fut planté l'arbre de ta Croix, 
ô Christ, tu ébranlas les assises de la mort; 
car Celui qu'il avait englouti avidement
l'Enfer l'a rejeté dans l'épouvante
Dieu saint, tu nous as montré le salut 
et nous te rendons gloire :
Fils de Dieu, aie pitié de nous.

(Cathisme I, t. 1 et Cathisme II, t. 6 des matines de l'Exaltation de la Précieuse Croix)

mercredi 10 septembre 2014

SUR LA PRIÈRE (13et fin) par St JEAN CHRYSOSTOME - LA PRIÈRE ET LA GUERRE


La prière, c‘est la source du salut, pour l'âme le principe de l'immortalité, pour l’Église un rempart indestructible, un fort inébranlable : terrible au démon, elle est salutaire aux cœurs religieux. C’est la prière qui donna la vie au prophète Samuel tandis que la nature condamnait sa mère à la stérilité, la prière vint efficacement suppléer  à l'impuissance de la nature (I Reg. 1). Tel a été le fruit de la prière, tel est le prophète auquel la prière a donné la vie. Aussi Samuel est-il devenu célèbre dans les cieux, ayant imité les anges au delà des forces humaines. Tel devait être cet épi de la prière; il devait s’élever au-dessus des autres par son amour du bien, ses mœurs vertueuses; il devait se distinguer des saints qui l'avaient précédé, comme on voit dans les moissons des épis magnifiques se distinguer de tous les autres. C'est avec la prière que David vint heureusement à bout de si nombreuses et de si terribles guerres. ll ne mettait pas les armes en mouvement, il n'agitait pas les javelots, il ne brandissait pas le glaive; les prières étaient toute sa défense. C’est avec la prière qu'Ézéchias mit en fuite la  multitude des Perses. Tandis que ceux-ci approchaient des murailles leurs machines de guerre, Êzéchias n’avait pour défense que ses prières, et la prière terminait la guerre sans l'intervention des armes, sans que le clairon sonnât, sans que l'armée sortit de son repos, sans qu’elle usât de ses armes, sans que la terre fût ensanglantée : il suffit de 1a prière pour frapper les ennemis d'épousante.
C'est encore la prière qui sauva les Ninivites, qui détourna la colère céleste prête à éclater sur eux, et qui les tira promptement de la corruption où ils vivaient.  Telles sont en effet, la vertu et la puissance de la prière qu’à peine eut-elle pénétré dans cette ville livrée depuis longtemps aux vices et aux turpitudes, qu’elle en changea la face tout entière et qu’elle y introduisit avec elle la chasteté, l'affection, la concorde, le soin des pauvres et toute sorte de biens. De même qu'une reine entrant dans une ville attire à sa suite une foule de richesses ainsi la prière lorsqu'elle entre dans une âme, y est suivie de toutes les vertus. Ce que l'édifice  est aux fondements, l’âme l'est à la prière. À nous donc de l'établir solidement dans nos âmes comme une racine et un fondement, puis d’élever avec ardeur la tempérance, la mansuétude, la justice, le soin des pauvres, et toutes les lois du Christ, afin de vivre désormais conformément à ce qu’elles prescrivent et d’obtenir les biens célestes par la grâce et la charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par lequel et avec lequel  gloire et puissance soient au Père, en l'unité du Saint Esprit, dans les siècles des siècles. 
St Jean Chrysostome (Sur la prière)


lundi 1 septembre 2014

SUR LA PRIÈRE (12) par St JEAN CHRYSOSTOME : la prière peut facilement arracher les hommes aux dangers qui les menacent

Nous connaissons les recommandations que l'Apôtre écrivait à tous les hommes : "Appliquez-vous à la prière, avec persévérance et actions de grâces: priez en même temps pour moi, afin que ma bouche s'ouvre et parle avec confiance et qu'elle annonce le mystère de l'Évangile" (Col. 4;2-3). Que dites-vous là? Quoi! la prière nous donnerait une telle confiance, que nous oserions supplier le Seigneur en faveur de Paul? Et quel soldat oserait intercéder en faveur de son général ? Or jamais général n’a été chéri de son prince comme Paul l’a été de Dieu. Eh bien, telle est la dignité dont la prière est la source qu’elle permet de supplier Dieu en faveur de Paul. L’illustre Pierre aussi qui était plus resplendissant que le ciel, fut délivré de la prison, sans doute à cause de ses vertus et en vue du salut de l'humanité, mais encore parce que les prières de l'Église ouvrirent sans résistance les portes fermées de la prison. Luc n'a pas écrit sans motif que l'Église entière ne cessait de prier en faveur de Pierre: il voulait nous apprendre que la prière est assez puissante dans les cieux pour soustraire aux dangers
Pierre et Paul, les colonnes de l’Église, les coryphées de apôtres, dont la gloire atteignait jusqu’au ciel, les remparts de l’univers, la sécurité de la terre et de la mer tout l'ensemble.

Dites-moi comment Moïse a sauvé Israël dans les combats? Laissant les armes et les bataillons à son disciple, n’opposa-t-il pas ses prières à la foule des ennemis, nous montrant de la sorte, que les armes, les chevaux, les richesses, les armées sont bien moins puissantes que les prières des justes? C'est pourquoi une armée entière, d'innombrables tribus avaient dans la prière toutes leurs espérances de salut. Moise priait-il, les Juifs étaient victorieux : suspendait-il sa prière, les Juifs reculaient devant leurs adversaires (Ex.17;10-11)). Et nous aussi, nous triompherons aisément du diable par la prière, au lieu que par l'indifférence nous attirerons sur nous la rage de l’esprit mauvais. Le peuple ayant commis l'impiété, Moïse le sauva par sa seule prière; par la prière, il lui obtint la faveur divine et des biens incalculables. C'est à la prière qu'il dut lui-même de se rapprocher par sa vie des habitants des cieux. La prière a maîtrisé la violence des flammes, elle a adouci des lions; l'histoire de Daniel d'un côté, celle des trois enfants de l'autre nous l'apprennent (Dan. 6;14). C'en est assez, je pense, pour montrer que la prière peut facilement arracher les hommes aux dangers qui les menacent.

mercredi 27 août 2014

SUR LA PRIÈRE (11) par St JEAN CHRYSOSTOME La prière transforme les hommes en des temples du Christ

Mais il nous faut vous dire maintenant à combien de justes il a été donné de sauver par leurs prières, des peuples, des cités et la terre entière.
À parler de la prière, c’est de Paul le premier qu'il faut parler, de Paul insatiable du culte de Dieu, de Paul notre commun père et le chef des serviteurs du Christ. Or cet apôtre à qui l'univers était confié assurait par ses continuelles prières le salut de toutes les nations, disant sans cesse : "C'est pourquoi je fléchis le genou devant le Père de Notre Seigneur Jésus Christ, de qui toute paternité découle au ciel et sur la terre; afin que par les richesses de sa grâce il vous fortifie par son esprit dans l'homme intérieur, que Jésus Christ habite dans vos cœurs par la foi" (Ephes. 3; 14-17). Voyez-vous quelle est la vertu de la prière ?

Elle transforme les hommes en des temples du Christ : et de même que les palais des rois sont bâtis avec de l’or, des pierres précieuses et du marbre; ainsi les temples du Christ le sont avec la prière. "Afin que le Christ habite  dans vos cœurs", dit l’Apôtre. Quel plus bel éloge de la prière que cette transformation de l'homme en un  temple divin? Celui que les cieux ne contiennent pas, habite dans une âme où la prière est vivante.  "Le ciel est  mon trône, dit-il, et la terre est l'escabeau de mes pieds. Quelle maison me bâtirez-vous  et quel sera le lieu de mon repos? " (Is. 66,1). Et voilà que Paul lui bâtit une maison par de saintes prières. "Je fléchis le genou devant le Père de Notre Seigneur Jésus Christ afin que le Christ habite par la foi dans vos cœurs"  



Voyez ici une preuve de la puissance d’une sainte prière : Paul, qui parcourait comme d’un vol rapide la terre entière, qui habitait des prisons, qui subissait les verges, qui portait des chaînes,  qui vivait au milieu du sang et des périls, qui chassait les démons, qui ressuscitait les morts, qui guérissait les maladies, ne comptait sur aucune de ces choses pour le salut des hommes ; c’est la prière qu’il donnait pour rempart à la terre; et, après ces prodiges, après avoir ressuscité des morts, il se retirait dans la prière comme un athlète couronné dans la palestre. Et en effet, la prière est inséparable de la résurrection des morts et des autres miracles; l'action que les eaux exercent sur les arbres, les prières des saints l'exercent dans cette vie. C'est parce qu’il en arrosait son âme durant la nuit que Paul bravait en se jouant tous les maux, et qu'il offrait son dos aux coups, comme l'eût fait une statue. C'est par la prière qu’en Macédoine il fit trembler la prison; c'est par la prière que, semblable à un lion, il rompit ses fers ; c’est par la prière qu’il délivra 1e geôlier de la terreur; c'est par la prière qu’il brisa la tyrannie des démons.


mardi 19 août 2014

Le diable craint le Komboskini et la prière de Jésus

Dans l'ermitage de Sainte-Anne, le moine Procope de la hutte de l’ « Entrée au Temple de la Mère de Dieu » avait grand désir d’apprendre à chanter pour glorifier Dieu, lui aussi, comme ses autres frères. Mais comme il n’avait pas une très belle voix les Pères évitaient de lui apprendre à chanter. Ce frère Procope avait reçu le don divin de dire sans cesse la prière « Seigneur Jésus Christ, fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur » et de sa main gauche il tenait toujours son chapelet dont il ne se séparait jamais. Cependant il avait le plus grand désir de chanter et il était très triste de n'avoir encore trouvé personne qui le lui apprenne si bien que dans sa tristesse, il avait cessé de dire la prière. Soudain, se présente devant lui un vénérable Père qui lui était cependant inconnu et qui lui dit : « Frère Procope, qu’est-ce qu’il t’arrive, tu parais si triste ? Qu’est-ce qui te préoccupe ? ». Procope lui répond : « Eh bien, voilà mon Père : je veux moi aussi apprendre un peu à chanter mais il n'y a personne qui veut m’apprendre parce qu’ils me disent que je chante mal ». Le Père lui répond : « C’est cela qui t’inquiète mon pauvre ? Moi je vais t’apprendre à chanter. Je vais même faire de toi le meilleur chantre du Mont Athos, tu chanteras comme le meilleur des rossignols. Mais j’aimerais que tu me fasses aussi une faveur… ». « Que voulez-vous de moi ? dit Procope. Vous voulez que je vous paye ? Tout ce que vous voulez, je vous le donnerai ». Alors le Père lui dit : « Ma récompense sera que tu te débarrasses de cette chose que vous appelez chapelet et que tu cesses de dire cette chose que vous appelez "la prière" et alors moi je t’apprendrai tout ce que tu veux ». Le frère Procope dès qu’il a entendu tout cela, comprend que cette personne n'est pas du tout un moine mais le Démon rusé qui veut le faire arrêter de dire la prière. Tout de suite, il lui dit en faisant son signe de croix : « Retire-toi Satan rusé. Je n’ai besoin ni d’apprendre à chanter, ni de tes ruses, ni de tes gentillesses » et le Diable a disparu aussitôt. De cet incident, on apprend combien le Diable craint le chapelet, que les Pères appellent l’arme du chrétien contre le Diable, ainsi que la prière qui brûle le Démon. Au contraire, il ne craint pas autant les chantres ni ne les estime beaucoup car ils se déconcentrent facilement par leur chant et tombent dans l’égoïsme et la fierté. Attention alors ! (traduction Fédon version Maxime le minime de la source)

samedi 9 août 2014

Utilisation du Komboskini par Père Païssios

Geronda que signifie le komboskini [κομποσκοίνι] ? 

- Le komboskini est un héritage, une bénédiction, qui nous a été légué par les Saints Pères. Et rien que pour cela, il a une grande valeur. Vous voyez, quand le grand-père de quelqu'un lui laisse en héritage un objet même insignifiant, il le conserve comme si c’était un talisman, alors combien plus devons-nous conserver le komboskini en héritage des Saints Pères.

Dans les temps anciens, quand il n'y avait pas d'horloges, les moines comptaient le temps de la prière avec le komboskini, mais les nœuds du komboskini étaient simples. Un jour, un ascète menant de grands combats spirituels, faisait de nombreuses prosternations, etc. et le diable est venu et a brisé les nœuds de son komboskini. Le pauvre homme a alors fait prosternations sur prosternations, parce qu'il ne pouvait pas les compter pour poursuivre sa lutte, le diable ayant cassé le komboskini. C’est alors qu’un ange du Seigneur lui est apparu et lui a appris à faire les noeuds de sorte que chaque nœud soit constitué de neuf croix. À la suite de quoi le diable, qui tremble devant la croix, ne pouvait plus les briser. Ainsi, les nœuds de la corde de prière ont neuf croix, qui symbolisent les neuf rangs des Anges. 

- Geronda, il y a des komboskini de 33, 50, 100 et 300 nœuds, quelle signification a le nombre de nœuds ? 

-Seul le nombre 33 est symbolique, car il symbolise les 33 années que le Christ a vécues sur la terre. Les autres chiffres permettent tout simplement de compter les prosternations que nous faisons ou combien de fois nous disons la prière.

Certaines machines ont une corde avec une poignée pour faire démarrer le moteur, il faut tirer sur la corde fermement, plusieurs fois souvent de suite jusqu'à ce qu’il démarre. De même on pourrait dire que le komboskini est la corde que nous tirons une, deux, cinq, dix fois pour faire démarrer notre machine spirituelle et faire tourner le moteur de notre prière en l’alimentant avec du carburant spirituel jusqu’à parvenir à la prière incessante, qui plus tard, fonctionnera d’elle-même. Toutefois, lorsque nous aurons atteint le stade de la prière du cœur nous ne devrions pas abandonner le komboskini afin que d'autres qui n’y sont pas encore parvenus ne le délaissent pas également, trop tôt.

- Geronda, Quand je prends mon komboskini et que je récite la prière de façon mécanique, n’y a-t-il pas là un danger de vaine gloire [ανθρωπαρέσκειας] ?

- Si Vous utilisez le komboskini de façon tout extérieure, ce sera de la vaine gloire, et même si vos mains égrènent le chapelet, cela ne vous sera d’aucun profit. Cela ne vous apportera que de la fatigue, et l'illusion que vous êtes censé pratiquer la prière noétique.

- Geronda, Je ne suis pas habitué à porter un komboskini.

- Vous devriez en porter un de sorte que vous ne puissiez pas oublier la prière, qui doit travailler en interne dans le cœur. Quand bien sûr, vous quittez votre cellule, vous devriez vous rappeler que l'ennemi est prêt à vous combattre. Ainsi, imitez le bon soldat, qui sort de sa caserne toujours avec son arme automatique "à la main". Le komboskini a un grand pouvoir, c’est l'arme du moine, et ses nœuds sont des balles, qui tirées aux pieds des démons, font danser leurs sandales.
(in "Sur la prière",  VII  version française de la source par Maxime le minime ) 


Par les prières de nos saints Pères, Seigneur Jésus Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous! Amen!